Alizée, retour en grâce
Un an après avoir rempli l’Olympia à guichet fermé, Alizée s’apprête à entamer une grande tournée nationale pour célébrer ses 25 ans de carrière. Alors qu’elle sera notamment de passage à Marseille le 10 septembre, la célèbre ajaccienne revient pour ToutMa sur ses débuts, son changement de vie et son retour sur scène, avec la pudeur et la sincérité qui la caractérisent.
ToutMa : Vous avez baptisé votre tournée « 25 ans déjà ». Quel regard portez-vous sur toutes ces années ?
Alizée : Je suis assez fière de mon parcours. Je me souviens qu’à mes débuts, on me demandait souvent où je me voyais dans vingt ou vingt-cinq ans. Je répondais toujours : « On verra ». Je suis assez superstitieuse, donc je n’aime pas trop me projeter… Finalement, je suis toujours là, grâce au public qui répond présent à chaque rendez-vous. Je me sens très chanceuse. Et si c’était à refaire, je referais exactement la même chose.
TM : Vous avez commencé très jeune. Ce n’est pas évident de grandir sous le feu des projecteurs…
Alizée : Quand on est bien entouré, ça se passe généralement bien. C’est vraiment le plus important. Beaucoup d’artistes commencent très tôt, mais tout dépend des personnes qui les accompagnent. J’ai eu la chance d’être entourée d’une équipe bienveillante, qui m’a aidée à grandir et à avancer dans ce métier.
TM : En 2025, vos deux Olympia se sont remplis en quelques minutes seulement. Est-ce que cela vous a surprise ?
Alizée : Oui, beaucoup. Au départ, une seule date était prévue et elle s’est remplie en dix minutes. Quand on m’a proposé d’en ajouter une autre, j’ai vraiment été surprise par cet engouement. Je savais que j’avais un public fidèle, notamment grâce aux réseaux sociaux où les gens continuent de me suivre, mais je ne m’attendais pas à une telle réaction. Après toutes ces années, c’est très touchant de voir que les gens pensent encore à vous, écoutent vos chansons et ont toujours envie de vous voir sur scène.
TM : Qu’est-ce qui vous a donné envie de remonter sur scène ?
Alizée : Cela faisait des années que j’avais mis la musique de côté. Aujourd’hui, j’ai une autre vie avec notre studio de danse à Ajaccio. Mon producteur me parlait déjà de ces 25 ans depuis un moment, mais il m’a fallu plusieurs années avant d’accepter. J’avais beaucoup d’appréhension. J’avais l’impression d’avoir tout oublié. Et puis finalement, c’est comme le vélo : tout revient.
TM : Vos chansons ont marqué toute une génération. Moi… Lolita est devenue un classique, diffusée dans des séries internationales ou reprise par Julien Doré. Quel regard portez-vous sur ce titre aujourd’hui ?
Alizée : Quand on a une chanson qui traverse autant les générations, on a énormément de chance. C’est un cadeau. Elle fait partie de la vie des gens et elle continue d’exister, un peu comme les grands classiques qu’on aime retrouver encore et encore. Je ne me suis jamais lassée de l’interpréter, au contraire.
TM : En 2013, vous avez remporté Danse avec les stars avec Grégoire Lyonnet, qui est depuis devenu votre mari. Quelle place occupait la danse avant cette aventure ?
Alizée : La danse a toujours été ma première passion. Mes tout premiers souvenirs de scène sont liés à elle. Jusqu’à mes 15 ans, je pensais même en faire mon métier. Je ne savais pas encore si je voulais être danseuse ou professeur, mais je voulais que la danse fasse partie de ma vie. Ensuite, la chanson a pris toute la place et je l’ai un peu mise de côté. Il y en avait dans certains clips ou sur scène, mais je n’avais plus vraiment le temps. Danse avec les stars m’a permis de retrouver cette passion et, depuis, je ne l’ai plus quittée.
TM : Vous avez ensuite ouvert une école de danse à Ajaccio avec votre mari. Comment est né ce projet ?
Alizée : Après DALS, nous avons participé pendant cinq ans à la tournée de l’émission partout en France. En 2017, on avait envie de se poser. Comme les parents de Grégoire ont une école de danse à Romans-sur-Isère, c’était quelque chose qui lui tenait à cœur et à moi aussi. On en a parlé pendant l’été et, en octobre, notre école ouvrait déjà ses portes. Aujourd’hui, nous avons plus de 200 élèves. Un jeune couple, Khalil et Lily, ont récemment remporté le championnat de France Espoirs Latines. Ils dansent aussi avec nous sur cette tournée. C’est une vraie aventure de famille.
TM : Vous êtes très attachée à votre île. Y a-t-il un endroit où vous aimez particulièrement vous retrouver en Corse ?
Alizée : Oui. J’ai grandi à Ajaccio et, depuis toujours, ma famille aime se retrouver à Capo di Feno, plus précisément au Petit Capo. C’est un endroit qui est resté très préservé. Le téléphone ne passe pas, il n’y a pas d’eau potable, longtemps il n’y a eu que des groupes électrogènes. On s’y retrouve vraiment pour passer du temps ensemble, sans être interrompus. C’est précieux.
TM : Vous serez également de passage à Marseille avec cette tournée. Gardez-vous un souvenir particulier de cette ville ?
Alizée : J’y suis allée très souvent, en raison de sa proximité avec Ajaccio. Je me souviens de ma toute première tournée, j’avais alors 18 ans. Mon père et mon grand-père ont toujours été supporters de l’OM, même en vivant à Ajaccio. Sur scène, j’avais demandé au public de chanter des chants de supporters et j’avais appelé mon père en direct pour qu’il entende l’ambiance. C’était un joli moment.
TM : Vous avez toujours choisi de protéger vos deux filles des médias. Si l’une d’elles souhaitait suivre vos pas aujourd’hui, que lui diriez-vous ?
Alizée : Pourquoi pas, mais avec beaucoup de précautions. Comme je le disais, l’entourage est essentiel. Moi, j’ai eu cette chance. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, tout va beaucoup plus vite et on peut être exposé à énormément de choses. Donc oui, si c’est ce qu’elles veulent, mais à condition d’être vraiment bien accompagnées. PDi
Son Actu :
Le 5 septembre à l’U Palatinu d’Ajaccio
Le 10 septembre au Cepac Silo
Le 4 octobre 2026 au Zénith de Paris (La Villette)
Son école de danse :
Studio de Danse Lyonnet Ajaccio, 48 avenue Noël Franchini, Ajaccio