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Julien DORÉ, de l’amour encore, de la générosité aussi. Bref, c’est sa tournée !

L’album « Aimée » est une fulgurance dans l’univers de la chanson française depuis sa sortie en 2020. Un cri du coeur. Et un succès populaire. Aimée est le prénom de sa grand-mère centenaire à qui il rend hommage. Un album à l’écriture singulière, avec des textes décalés et des images insolites dans ses clips, des collaborations musicales inattendues… Julien Doré livre ici l’album de sa maturité, avec un talent créatif hors du commun. On attend de pied ferme les T-rex sur scène !

ToutMa : « Aimée encore… » l’album de la tournée ! « Encore » adverbe de temps ou juste idée de répétition, de supplément ?

Julien Doré : C’est un album sur lequel j’ai retravaillé certaines versions et dans lequel j’ai rajouté des chansons inédites comme Larme fatale, un duo avec Eddy de Pretto, par exemple. Et c’est surtout un album dont j’ai décidé de reverser mes droits à une association qui s’appelle Les Blouses roses et qui oeuvre dans les Ehpad et les hôpitaux pour enfants un peu partout en France. J’avais envie, avec cette réédition, de donner un sens nouveau à « Aimée »… Je voulais le dédier, en quelque sorte, aux enfants avec lesquels je chante souvent. La symbolique de cette association et son travail au quotidien ont renforcé ma mobilisation auprès des nouvelles générations.

TM : C’est vrai que l’enfance est très présente dans cet album, avec des choeurs, et même des collaborations dans vos clips des chansons Barracuda et Kiki notamment. Vous êtes d’ailleurs un jeune papa, ça change quoi ?

JD : L’enfance est forcément pour moi une zone de liberté et d’espoir. Ça me touche d’autant plus aujourd’hui car effectivement je suis papa, mais je suis aussi un homme de 40 ans dans ce monde-là. C’est une préoccupation artistique à travers l’album mais aussi une vraie inquiétude quant au monde réel qu’on va laisser à nos enfants ! Le monde animal est aussi un reflet de notre espèce. Les animaux font partie de ceux qui doivent obtenir plus de considération de notre part. Ils nous rappellent aussi nos responsabilités et la place qu’ils doivent occuper à nos côtés dans un monde partagé.

TM : Qui n’a pas repris en choeur avec des âmes soeurs ou à tue-tête dans sa voiture pour oublier les embouteillages, ce Nous qui nous a donné la pêche pendant deux ans ?! Vous attendiez-vous à un tel phénomène ?

JD : Non, pas du tout ! Dès que j’écris et compose des chansons, elles ont toutes pour moi un sens, une force et une raison d’être là. Lorsque l’album sort, il y a des titres que l’on porte un peu plus, qu’on envoie à la radio. Nous fait partie des chansons que j’ai choisies pour mettre en avant le disque, mais à ce moment-là, je n’avais jamais pensé qu’elle allait devenir un hymne ! Le refrain très simplement chanté avec les enfants a certainement eu un écho un peu plus fort. J’en suis forcément très heureux. Je me prépare, du coup, à vivre un moment intense avec le public en l’entendant reprendre par coeur et à l’unisson ces paroles que j’ai écrites…

TM : Beaucoup de poésie et d’évasion dans vos clips. Des moments partagés avec d’autres artistes, et toujours beaucoup d’autodérision. Vous les avez presque tous réalisés. Avez-vous un ordre de préférence entre la composition, la réalisation et la scène ?

JD : Non, non, pas du tout ! C’est un ensemble de choses auxquelles j’ai eu la chance de goûter, il y a maintenant quinze ans, quand j’ai gagné la Nouvelle Star ! J’ai été propulsé dans un univers dans lequel je rêvais de vivre et finalement c’est devenu mon quotidien : écrire des chansons, faire des clips, monter sur scène… Toutes ces zones d’expression s’imbriquent. Quand j’écris et compose, je pense déjà à un scénario de clip, et quand j’écris un refrain, je pense aussi à la scène… Tout est imbriqué et j’aime prendre le temps de soigner tous ces aspects. Je prépare depuis des mois toute la mise en scène de la tournée, j’en dessine même les décors, mais tout simplement parce que ça me passionne ! Et qu’il est important pour moi d’être responsable de l’univers artistique que je propose à un public qui aime bien mes chansons. Je ne souhaite pas que ce langage autour appartienne à quelqu’un d’autre…

TM : Avez-vous une idée de la première chanson qui ouvrira les festivités ?

JD : C’est encore incertain ! Autant tout le décor est réalisé, toute la mise en scène est maîtrisée, autant pour la partie musicale, on en est encore à chercher des arrangements, la check-list n’est pas encore fixée. C’est l’avantage, après quinze ans de métier, que l’on peut se permettre, mes musiciens et moi. On sait qu’on a beaucoup de chansons qu’on peut proposer. On essaie de trouver une narration qui ait du sens, et on tente encore des choses jusqu’au moment où on aura trouvé un cheminement idéal. Et puis je veux aussi pouvoir surprendre mon public, avoir des choses à lui offrir. Cela fait cinq ans que je ne suis pas monté sur scène, dans des grandes salles de spectacle. C’est très long et en même temps ce sont des retrouvailles qui vont être puissantes, je pense ! (sourire)

TM : Vous avez énormément de dates toute l’année et dans toute la France, mais la première est ici, à l’Arena d’Aix-en Provence… Une année jubilatoire en perspective ?

JD : Cela va être une année très joyeuse, intense évidemment mais principalement faite de rencontres. Je m’en réjouis beaucoup, surtout après tant d’années en retrait. Une année de concerts, ok, mais c’est tellement fou de se dire que je vais jouer quatre fois au Zénith de Bercy quand on connaît la capacité de la salle ! J’avance avec passion et sincérité dans mon métier. Je ne crains pas de m’absenter pour écrire, de prendre le temps quand j’en ai besoin. Le silence médiatique ne m’inquiète pas. J’ai un vrai souci d’honnêteté avec le public. Et maintenant, de voir les dates se remplir, ça semble assez incroyable après ce qu’on vient de traverser, mais j’en suis évidemment très heureux !

TM : Vous êtes originaire d’Alès. Et vous êtes resté attaché à vos racines sudistes. Que pensez-vous de Marseille aujourd’hui ?

JD : C’est une ville qui a une énergie artistique forte. Quand j’étais étudiant aux Beaux-Arts de Nîmes, je venais souvent voir des expositions à Marseille. Et puis j’ai aussi beaucoup joué au Dôme et dans différents théâtres. Marseille est une ville qui porte une vraie différence, et c’est précieux.

SES DATES DANS LA RÉGION SUD

26 février – Arena d’Aix-en-Provence
31 mars – Palais Nikaïa à Nice
1er avril – Arena Sud à Montpellier
12 mai – Dôme à Marseille
13 mai – Zénith Omega à Toulon
20 juillet – La Halle à Martigues

Photo en une par ©Goled Zinowski