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INTERVIEW AMANDINE ALBISSON

Originaire de Marseille, la danseuse étoile Amandine Albisson déploie à nouveau son talent sur la scène de l’Opéra de Paris, dans Le Parc d’Angelin Preljocaj, ainsi que dans de nombreuses productions cette saison. Rencontre avec une artiste aussi solaire que magnétique.

ToutMa : Cela fait plus de dix ans que Le Parc n’avait pas été monté sur la scène de l’Opéra de Paris. Que vous évoque ce ballet ?
Amandine Albisson : Tout danseur rêve de ce fameux baiser volant, aujourd’hui mythique. Mais quand on travaille le rôle, on se rend compte que Le Parc ne se résume pas qu’à cela. C’est une histoire universelle et intemporelle autour des rencontres amoureuses, et c’est intéressant de travailler sur ce genre de sujets.

TM : Vous avez été nommée étoile le 5 mars 2014, à l’issue d’Eugène Onéguine, et vous avez repris la danse sur ce ballet après votre seconde grossesse. Quels souvenirs vous évoque-t-il ?
AA : Onéguine est un ballet qui m’a toujours fait rêver. Il permet d’aller bien au-delà de la technique, de se concentrer sur l’interprétation et sur les émotions que l’on transmet au public. À l’époque, on m’a confié le rôle de Tatiana au dernier moment, alors que je venais tout juste de monter première danseuse. Je ne m’attendais donc pas à être nommée étoile ce soir-là… et j’étais visiblement la seule surprise ! Ce jour-là restera à jamais gravé en moi. Reprendre ce ballet après ma seconde grossesse a donc été symbolique : c’est un rôle que j’aime et qui compte énormément dans ma carrière.

TM : Pendant longtemps, la danse et la maternité n’ont pas été jugées compatibles. Devenir maman a-t-il changé votre manière d’interpréter un rôle ?
AA : Ça a été un déclic. Je me suis dit : « Danse aussi pour tes enfants. » Ils me rappellent que la danse est avant tout quelque chose de naturel, de joyeux, presque instinctif. Paradoxalement, la fatigue de la maternité m’a aussi rendue plus zen. À la maison, ça peut être le tsunami, mais quand j’arrive à l’Opéra, il n’y a plus de stress : c’est mon moment. Je me sens aujourd’hui beaucoup plus libre sur scène.

TM : Quel ballet vous ressemble le plus ?
AA : Le Boléro, parce que la musique vous porte tellement et que l’épuisement physique permet de vous transcender. Et puis, bien sûr, La Dame aux Camélias. Je l’ai vu quand j’étais en première division, ça m’a bouleversée. J’ai eu la chance de le danser en 2018 avec mon meilleur ami, Audric Bézard, et je suis ravie de retrouver ce rôle de Marguerite prochainement.

TM : Que diriez-vous aujourd’hui à la petite Amandine, 7 ans, qui visite l’Opéra Garnier avec sa maman et qui lui dit : « Je veux danser ici » ?
AA : J’étais une très bonne élève, mais j’ai mis un peu de temps à affirmer ma personnalité, alors je lui dirais de ne pas avoir peur, d’essayer et de proposer des choses.

TM : Vous êtes originaire de Marseille et vous avez commencé la danse dans cette ville. Que reste-t-il de la Cité phocéenne en vous ?
AA : Le bleu du ciel et le bleu de la mer. Être proche de l’eau, des calanques, tout en étant dans une grande ville. J’en suis partie à 9 ans et demi pour être interne à l’école de danse de Nanterre, mais je revenais le week-end et, à chaque fois, c’était une bouffée d’oxygène. J’allais très souvent à la Baie des Singes, aux Goudes, pour respirer le bon air.

TM : Vous y retournez souvent ?
AA : Malheureusement non, je n’ai plus trop de famille sur place. Et ça me manque. Mais je garde en moi les souvenirs, les odeurs. C’est ma ville de cœur.

Photo 1 : © James Bort 2 : © Yonathan Kellerman

Paola Dicelli

L’actualité d’Amandine Albisson
Les 11, 16, 20 février 2026 dansLe Parc d’Angelin Preljocaj, au Palais Garnier
Du 5 au 23 mai 2026 en alternance dans La Dame aux Camélias de John Neumeier au Palais Garnier
Du 27 juin au 14 juillet 2026 dansSolo for Two de Mats Ek au Palais Garnier

Photo en Une : © Yonathan Kellerman