ADRIEN VESCOVI, l’ancrage marseillais
Assurément, Adrien Vescovi est peintre, mais… pas comme on l’imagine. Artiste surprenant, sa démarche l’est tout autant. Alors qu’il est sorti des Beaux-Arts de Saint-Étienne en 2006, c’est un heureux hasard de BTP, comme une révélation, qui a orienté sa pratique dix ans après l’obtention de son diplôme. Aujourd’hui installé à la Belle de Mai, Adrien a déjà investi le MAMAC de Nice, le Palais de Tokyo, la Villa Noailles… et il poursuit son chemin comme il l’a commencé : passionné. Un jour, je suis tombé sur une façade en travaux sur laquelle était tendu un textile qui enregistrait la mémoire des ouvriers, des graffitis, des passages des promeneurs… tout ça le marquait », nous raconte Adrien. Pour cet artiste de la mémoire collective, cette vision est un déclic. Pour tout support, il utilise donc des draps qu’il récupère et transforme en matière à créer. Ses œuvres, aux tons naturels et bruts, aux dimensions hors norme et ancrées dans les territoires où elles sont créées (de la Haute-Savoie à Marseille, car ses pigments viennent de son environnement immédiat), résultent de cette démarche. Vescovi est peintre, mais peut-être pas au sens commun du terme : insolation, teinture végétale, minérale… il joue de procédés inattendus, et écoresponsables, pour adorner ses toiles. L’artiste a investi la scène marseillaise comme s’il y était né… et il y a un peu de cela, artistiquement : « Je suis venu une première fois à Marseille en résidence, en 2009, et j’ai eu un coup de foudre fou. » Sur le cours Lieutaud, il pare de ses œuvres la façade de son tout premier atelier : « J’ai voulu m’ancrer vraiment sur la scène marseillaise. » Pari tenu, grâce à un travail de tous les jours. 2026 sera pour lui l’année d’un adoubement, une exposition consacrée à son travail est en préparation à la Vieille Charité. « Je suis très fier. C’est… hors tout ! », nous dit-il. Rendez-vous au printemps ! MD


© Portrait : Elsa Kostic
Instagram : @ardeinv