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Enrico MACIAS & AL ORCHESTRA, la scène est sa maison

Enrico Macias entame une tournée consacrant ses 60 ans de carrière. Un tour de chant qui reprend son dernier album, sorti en 2019 et réalisé avec ses fidèles musiciens d’Al Orchestra. C’est au Pasino d’Aix-en-Provence, le 17 mars prochain, que cette tournée débute… dans la salle de spectacle qui d’ailleurs porte son nom. Il est la Méditerranée à lui tout seul, mais Enrico Macias est aussi un immense chanteur populaire français qui peut s’enorgueillir d’un parcours sans faute. Il nous offre à nouveau la chaleur de ses interprétations sur scène. Un entretien à savourer en imaginant en même temps s on irrésistible accent chantant.

ToutMa : 60 ans de carrière et 80 ans passés ! On a tous grandi avec vous… Votre secret pour rester si beau et plein d’énergie ? Vous pratiquez un sport ?

Enrico Macias : (éclat de rires)… Je dors ! Je suis un couche-tard mais je me lève tard aussi et surtout je dors bien ! Souvent mon fils me le reproche. Je lui réponds que si je suis comme ça à 83 ans, c’est parce que JE DORS ! (rires) Et non, je ne fais pas de sport, je ne fais rien d’autre que de la musique.

TM : Chez nous, à Marseille, vivent de grandes communautés méditerranéennes. Sont-elles toujours les piliers de votre public selon vous ?

EM : Oui, bien sûr ! Moi, je réunis toutes les communautés. Dans mes spectacles, il y a toujours une diversité incroyable. Et c’est surtout un moment de paix. Et puis les générations se sont renouvelées. Ces dix dernières années, je me suis aperçu que le public rajeunissait. J’ai compris que c’étaient les enfants et même les petits-enfants de ceux qui aimaient déjà mes chansons. Je suis intergénérationnel, et ça, ça me fait plaisir (sourire).

TM : Ce tour avec Al Orchestra est très élégant, tous en costumes sombres un peu à l’ancienne et vous, trônant au milieu comme Il Maestro… Un message subliminal ou juste l’envie d’être chic ?

EM : Oui, un peu « mafia », vous voulez dire, c’est ça ? (rires) Je dirais que je me pose plutôt en patriarche… Que je suis ! Mais vous savez, on n’y a pas vraiment réfléchi. On a fait ça assez spontanément. Naturellement même, je dirais… D’ailleurs, j’ai toujours improvisé dans les spectacles. Les musiciens le savent et me suivent du coin de l’oeil. Je leur dis toujours d’être attentifs car ce n’est jamais exactement comme on a répété. (rires)

TM : Dans votre répertoire, il y a plus d’une centaine de chansons. Quelle est celle qui vous met le plus en joie ?

EM : Mais je les aime toutes, puisque je les ai composées ! Ce n’est pas la joie qui compte le plus pour moi, c’est l’émotion. Celle que je donne aux gens et qui rejaillit sur moi. Mais puisque vous insistez, celle que je préfère, c’est Adieu mon pays… (sourire nostalgique)

TM : Votre beau-père était votre mentor. Que vous a-t-il transmis ?

EM : Il a d’abord réveillé mes propres racines musicales, puisque mon père était violoniste. Il m’a permis de jouer dans son orchestre, tout jeune, alors que tous les musiciens étaient âgés, et d’apprendre la musique arabo-andalouse, à la guitare. Il m’a appris la scène avec toute sa rigueur. Quand je suis arrivé en France, j’avais déjà du métier et c’était grâce à lui.

TM : Malgré la nostalgie d’un pays perdu, vos textes ont toujours été porteurs d’espoir et de joie de vivre. Vous incarnez cela. Est-ce toujours en vous ?

EM : Après la nostalgie, il y a toujours la joie et l’espoir car sans lui, on ne peut pas vivre. Dans la vie, on traverse tous des choses difficiles. Moi, en arrivant en France, non seulement j’étais orphelin de mon beau père, de mon pays mais je l’étais aussi de la musique arabo-andalouse. Mais grâce à tout ce que j’ai fait, j’ai pu participer à des festivals énormes comme les Vieilles Charrues ou le Printemps de Bourges pour y rejouer la musique arabo-andalouse, et rendre ainsi hommage à mon beau-père et à mon pays.