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SILVIO MILDO, entre évasion et rêve

Silvio Mildo est un talent sur lequel il va falloir compter ces prochaines années ! En dix ans, l’artiste marseillais (d’origine portugaise par son père et arménienne par sa mère) a créé un univers pictural ultra-personnel. Intense dans son expression, résolument moderne dans son approche et dans l’utilisation des matériaux, il a su lui donner un langage universel.

Sa vocation est pourtant tardive puisqu’il ne réalise son premier graff qu’à 22 ans. Depuis, Silvio a troqué la bombe pour les pinceaux, a choisi l’atelier à la rue pour davantage d’introspection, se concentrant notamment sur ses pensées, ses émotions et ses souvenirs. Son expression s’est affûtée dans une apparente spontanéité. « Ma toile est le seul endroit au monde où j’ai du pouvoir et la liberté absolue de mes pensées et de mes mouvements, où rien ne s’interpose. »

Dans ses compositions, l’artiste explore les matières, mélange les textures, accumule les outils et techniques, utilisant aisément craie grasse, peinture à l’huile, spray ou acrylique. Il joue sur les effets de collages, d’accumulations et superpositions, comme sur ces portes de garages usées par le temps en bord de mer qui l’ont inspiré alors qu’il démarrait. De l’expressionnisme à l’abstrait, il s’essaie au genre de la nature morte. Avec lui cependant, le terme anglais still life est plus approprié tant la vie se ressent dans chacune de ses toiles. Sa dernière exposition, très remarquée, « Tsiran » (signifiant abricot en arménien), organisée par la Gallery Jo Yana, à Marseille, déclinait sous toutes ses formes l’abricot, fruit emblématique de l’Arménie, symbole de force et de résistance. Un fruit qui prend des allures monumentales dans cette série chatoyante, aux traits impulsifs, aux couleurs exubérantes. Des jardins oniriques et primitifs pour certains, qui rappellent Gauguin.

L’énergie est partout, tout comme l’harmonie des couleurs qui caractérise chacune des toiles de l’artiste, laissant transparaître son état d’âme. « Je ne suis d’aucune école, aime-t-il rappeler, j’essaie de rester libre dans mon approche de la peinture et de ne me plier à aucune règle, tout en gardant à l’esprit le travail de mes prédécesseurs ». Ses influences sont multiples, du courant expressionniste abstrait au mouvement Cobra, de Pierre Bonnard à Pierre Alechinsky et Robert Combas. L’artiste, déjà lancé sur la scène internationale, vient de présenter ses œuvres à Berlin et sera en octobre à Paris (Galerie Ground Effect), puis à Hongkong (Yidi Art Gallery) et Tokyo (Tokyo Nights III). EV

joyana.fr

Instagram : @silvio_mildo