Marseille
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Princesa, Fernanda Farias de Albuquerque et Maurizio Iannelli

L’éditeur marseillais Héliotropismes s’est fait une spécialité des textes difficiles à éditer. Difficiles du fait de leur sujet, de leur liberté de ton, mais aussi, souvent, difficiles en raison d’une histoire éditoriale complexe. C’est à la suite d’une journée d’études organisée par l’université Aix-Marseille qu’un collectif de traductrices a décidé de donner à ce texte pionnier (il s’agit d’un des premiers récits autobiographiques écrits par une femme « trans ») une version française. Mais entre une écriture à quatre mains (Fernanda, la fameuse « Princesa », a été aidée par un coauteur), un italien approximatif teinté de portugais du Brésil et un manuscrit de feuilles volantes échangées en prison… établir le texte était une gageure. Le résultat, forcément imparfait (traduttore, traditore*), est remarquable. On suit la terrible fuite en avant de Fernanda entre métamorphose, drogues, prostitution et violences diverses. Un témoignage bouleversant mais sans concession (Fernanda n’est pas particulièrement sympathique) sur la condition « trans » au Brésil dans les années 1980. Attention, le texte est cru et certaines considérations, datées, peuvent choquer. CBé

Littéralement : « traducteur, traître »
188 pages, Héliotropismes, 20 €