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Karim Dridi, le cinéma en version alternative

Sortie en salle de “Fainéant.e.s” mercredi 29 mai

Trois mois à peine après la sortie de Revivre, émouvant documentaire sur le service de réanimation pédiatrique de la Timone, le cinéaste Karim Dridi revient avec Fainéant.es, un long-métrage inclassable tourné avec des comédiens confirmés et des non-professionnels. Rencontre.

« La première idée de Fainéant.es, je l’ai eue il y a onze ans », nous annonce d’emblée Karim Dridi. À cette époque, le réalisateur français a déjà près de vingt ans de carrière derrière lui et une demi-douzaine de longs-métrages sélectionnés dans les plus grands festivals internationaux (Cannes, Venise, Berlin, Locarno…). Avec Le Dernier Vol (2009), fresque épique emmenée par le couple Marion Cotillard / Guillaume Canet, le cinéaste réalise son plus gros film. Mais les stars de cinéma et les projets à gros budgets ne sont pas vraiment ce qui attire cet admirateur de réalisateurs empreints de vérité, à l’image des Britanniques Andrea Arnold et Ken Loach. « J’aime découvrir de nouveaux milieux, des nouvelles personnes. En animant un atelier d’acting à La Friche la Belle de Mai, j’ai fait la rencontre de Faddo Jullian. Je l’ai trouvée merveilleuse. Même si elle n’a pas vraiment continué dans cette voie et qu’elle a plutôt choisi un mode de vie alternatif, je savais que nos chemins allaient se recroiser. Et quand le projet de Fainéant.es s’est concrétisé, il était évident qu’il n’y avait qu’elle pour jouer Nina », explique Karim Dridi.

Un cinéma métissé

Film que le réalisateur qualifie lui-même de « métisse », Fainéant.es raconte l’histoire de Nina (Faddo Jullian) et Djoul (.jU.), deux amies inséparables qui se retrouvent expulsées de leur squat. Plutôt que de se laisser abattre, le tandem décide de prendre la route à bord d’un vieux camion. Sans destination précise, les deux acolytes vont sillonner la France, faire des bonnes et mauvaises rencontres et garder cette envie inextinguible de faire la fête. « Mon film est mélangé. Il y a beaucoup de non-professionnels mais également des comédiens confirmés comme Bernard Llopis ou Lucas Viodez qui est un jeune acteur dont on risque bien de parler dans les prochaines années. Plus que tout, ce qui m’intéresse, c’est de faire du cinéma et c’est le cas avec Fainéant.es », résume le cinéaste.

Loin de tout folklore

Comme c’est le cas avec la majorité de ses films, Karim Dridi a tourné plusieurs scènes de son long-métrage à Marseille, ville dans laquelle il habite et dont il a à cœur de montrer un autre visage. « Mon cinéma n’est pas vraiment folklorique. Je souhaite faire découvrir des pans méconnus de la ville ou, tout du moins, peu représentés au cinéma », révèle celui qui avait déjà placé l’intrigue de son brillant Chouf (2016) dans les quartiers Nord de la Cité Phocéenne. « Le mieux pour parler de Marseille, c’est encore d’y vivre. Cette ville, je la vois comme une femme puissante, rebelle, insoumise, irrévérencieuse et flamboyante ». Une belle déclaration pour un Marseillais passionné et passionnant.

Antoine Le Fur

Fainéant.es de Karim Dridi. Avec Faddo Jullian, .jU., Odette Simonneau …
En salles le 29 mai