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Thomas Ngijol, Loin de la case départ…

Humoriste, acteur, scénariste, réalisateur et producteur, Thomas Ngijol se fait connaître en 2006 avec le Jamel Comedy Club, faisant partie de la toute première troupe, aujourd’hui culte, avec Fabrice Eboué, Blanche Gardin, ou encore Claudia Tagbo… participant ainsi au Grand Journal. En 2009, premier grand spectacle solo « A Block », puis premier rôle au cinéma en 2011 dans « Case Départ » qu’il partage en tous points avec Fabrice Eboué, un succès critique et commercial.

Son dernier show, l’excellent « L’œil du Tigre » arrive enfin chez nous avec 3 dates, le 28 novembre à Aix-en Provence, le 30 novembre à Hyères et le 6 janvier à Marseille au Cepac Silo. Un spectacle débordant de sincérité, aussi drôle que touchant.

ToutMa : Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire ce métier ?
TN : Je pense que c’est l’envie d’exprimer des choses qui étaient en moi, de libérer le jeune homme que j’étais, que quelque part je suis toujours… très introverti, sur bon nombres de sujets, peut-être même dans sa prise de parole, et j’avais envie d’exprimer un propos, des personnages, des situations, une vision, et me sentir libéré.

ToutMa : Pouvez-vous me citer trois humoristes/artistes qui vous ont influencé et qui continuent à vous influencer encore aujourd’hui ?
TN : Je dirais Pierre Richard. J’ai énormément consommé de Pierre Richard, quand j’étais jeune !  J’adorais, j’aime toujours cet acteur d’ailleurs. Naturellement je vous dirais Eddie Murphy ! C’était quand même une figure universelle de la comédie, et un personnage comme lui m’a évidemment beaucoup inspiré. Et je dirais Michael Jackson, pour son côté performeur, même si évidemment on parle d’une toute autre inspiration. Je n’ai pas son métier et je me compare pas du tout à lui mais l’énergie, la magie qu’il dégageait sur scène a eu un impact considérable dans mes yeux d’enfant…

ToutMa : Votre spectacle s’appelle L’Oeil du tigre : pourquoi ce titre ?
TN : J’avais envie de me challenger, pas forcément sortir de ma zone de confort, mais comme je ne suis plus le même jeune homme qu’il y a 20 ans, j’ai une vie de famille, je suis un papa un peu tranquille et c’est tant mieux, mais il y avait toujours cette crainte de perdre le feu sacré, ce fameux œil du tigre !  Je voulais donc me prouver que j’avais encore cette foi… Et la vie, ma famille et le retour à la scène m’ont montré qu’elle était encore là.

ToutMa : En plus de cette tournée, vous avez écrit et tourné l’an dernier Le film FRATÉ, réalisé par votre épouse, Karole Rocher et votre belle-fille Barbara Biancardini, et qui se passe en Corse. Quelle est votre relation avec le sud de la France et notamment la Corse ?
TN : C’est une relation très fraternelle, j’ai retrouvé en Corse des choses qui me plaisaient, qui me reconnectaient à ma vie, à mon enfance et ses codes, ses valeurs, au Cameroun, à l’attachement aux racines, à la terre, aux traditions, à la valeur des mots. Et puis une sorte de sincérité dans les rapports ! je me reconnais dans ces valeurs que j’ai retrouvées au contact des Corses. Parler du sud de la France serait un peu fake parce que je connais peu Marseille ou Aix, même si j’y suis déjà passé…

ToutMa : Vous êtes d’origine camerounaise, que vous affichez fièrement dans vos spectacles. Qu’est-ce qu’elle représente pour vous ?
TN : Ces origines, c’est ce qui nous définit, homme ou femme. Se couper de ses origines, c’est pour moi impensable, et c’est toute la complexité d’une partie de la jeunesse française, beaucoup sont nés ici mais ne se sont pas toujours connectés à leurs origines et sont pourtant éduqués avec les valeurs qui sont chères à leurs parents. C’est à la fois toute la complexité et toute la richesse de notre pays. Pour certains, ça peut aussi devenir un problème. Mes origines, c’est inexplicable mais c’est ma force, sur lesquelles je ne badine pas.

ToutMa : Des projets en préparation ?
TN : Je travaille sur deux long-métrages essentiellement et je vais participer à une série. Mais tout cela sera pour l’année prochaine !  Je finis d’abord ma tournée, je vais prendre mon temps, profiter au maximum des dernières dates qui m’amèneront jusqu’à mi-janvier, puis je passerais avec plaisir sur la fiction, autant réalisateur que comédien, ce sera une année passionnante j’espère…