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Marina Kaye un astre dans l’univers musical français

 

La vie de Marina Kaye a basculé à l’âge de 13 ans, au moment où elle remporte la 6ème édition de La France a un incroyable talent. Cette Marseillaise au timbre de voix si particulier est transcendée en finale lorsqu’elle interprète le titre d’Adèle « Set fire to the rain ». Son intensité va bouleverser le public et marquer les esprits. Elle enchaîne les premières parties de 30 seconds to Mars, le groupe de Jared Leto et de Florent Pagny, puis survient la rencontre providentielle avec son producteur, Jan Erik Frogg, « sa boussole », qui repère ses vidéos sur internet et lui permet son envol artistique. Son single Homeless sort. Bilan : 60 000 exemplaires vendus et le clip vu 6 millions de fois. Puis, Marina signe chez Polydor Records pour préparer « Fearless », son premier album enregistré en Angleterre et aux USA. Auteur, compositeur et interprète, les chansons de cet opus sorti en mai sont très personnelles, sombres et mystérieuses aussi. Évoquant tourments, passion et espoir, leur portée est universelle, d’autant plus qu’elle a choisi l’anglais pour s’exprimer. Un album tout en nuances, alternant force et douceur, aux mélodies envoûtantes porté par une artiste investie. À 17 ans, Marina Kaye entame une tournée d’une vingtaine de dates et investira la scène de l’Espace Julien le 17 novembre prochain. Rencontre avec une artiste pleine de tempérament et d’une grande sensibilité, heureuse de monter sur scène prochainement.

ToutMa : Qu’est-ce qui t’a donné le goût de la musique et quels sont les artistes qui t’ont inspirée ?

Marina Kaye : Très bonne question ! Honnêtement, je pense que ce goût de la musique est venu naturellement, c’est presque quelque chose d’inné. Je me suis mise à faire de la musique sans vraiment me poser de questions. J’étais réceptive à pas mal de styles, d’artistes et j’ai tout simplement commencé à chanter en les écoutant. Dans l’esprit artistique, je suis très inspirée et admirative de personnes comme Prince ou Bruno Mars. J’aime vraiment leur travail et leur univers mais pour ce qui est de mon travail, l’inspiration vient plus directement de ma propre vie et lorsque j’écris, j’écoute plutôt de la musique classique.

TM : Prince, Bruno Mars… des artistes plutôt funk alors ?!

MK : Oui, mon opposé ! Mais ce que j’admire vraiment c’est le « pack complet » ! L’écriture, le chant, la création… ils sont sur tous les fronts et c’est précisément ce qui en fait de vrais artistes.

TM : Pourquoi considères-tu cet album comme « un acte de renaissance » ?

MK : Cela correspondait à un moment où j’avais besoin d’écrire, de retranscrire ce que je vivais, ce qui m’avait touchée, comme un exutoire qui me permettrait de passer à autre chose. C’était surtout un besoin en fait. La rencontre avec mon producteur, Jan Erik Frogg qui m’a simplement demandé de mettre à plat tout ce que j’avais besoin de dire pour pouvoir en faire une histoire et un album, m’a permis de passer à cet exercice de composition.

TM : Quel a été le processus de création ? Je précise que tu avais tout juste 15 ans…

MK : J’ai écrit une trentaine de pages que j’ai envoyées à Jan Erik puis nous avons décortiqué ensemble le texte pour en extraire des thèmes. Ensuite, il m’a présenté différentes personnes avec qui j’ai fini par en faire des chansons. On avait tous les textes, toutes les bases, il fallait ensuite retravailler la structure avec des paroliers, des producteurs de musique. Nous avions juste besoin de nous entourer d’une ou deux personnes en plus pour pouvoir réaliser ce que l’on imaginait pleinement. Concernant la musique, cela s’est fait tout naturellement, comme par instinct. Je savais exactement ce que je voulais. En chantant une mélodie par exemple, je l’entendais avec un violon, une batterie ou une contrebasse… J’entendais les choses dans ma tête et j’essayais de les retranscrire et de faire comprendre au mieux aux personnes qui m’entouraient.

TM : Que souhaitais-tu transmettre et partager à travers cet album en l’écrivant ?

MK : Tout ce projet a été un gros challenge pour nous, une prise de risque en continu. Ça a été parfois même compliqué mais on a toujours eu la passion et l’envie de le mener à bien. À travers cet album, j’avais vraiment envie de livrer des chansons dans lesquelles les gens peuvent se reconnaître ou reconnaître une période de leur vie, une personne, un lieu, que les textes ou ma voix leur parlent et que, de cette façon, cela nous rapproche.

TM : D’où te vient cette maturité précoce ?  Ta voix, tes textes et l’émotion qui transparaissent dans ton interprétation font que tu ne sembles pas en être à ton premier album. Et en même temps tu as l’impatience de la jeunesse… comment l’expliques-tu ?

MK : Je ne pense plus aujourd’hui être impatiente comme j’ai pu l’être encore au moment de la sortie du single il n’y a pas si longtemps. J’essaie maintenant posément de cerner cette nouvelle « vie » et ce qui se passe autour de ce projet. Quant à la maturité, je ne sais pas ; de mes expériences peut-être. En tout cas, quand on a écouté l’album avec l’équipe, on s’est dit que nous n’aurions pas pu rêver mieux même si, sur le moment, je dois dire que j’ai un peu gâché l’écoute en disant encore « là ça ne va pas, là il faut changer » ! Techniquement, je ne suis jamais satisfaite et j’ai du mal à lâcher prise mais pour ce qui est de l’aspect musical, émotionnel et la vie même de cet album, c’est-à-dire quand je me remémore chaque étape de la création, je me dis que ça a été la plus grande chance de ma vie et la plus belle chose qui ait pu m’arriver aujourd’hui.

TM : Quelles sont tes envies de collaborations artistiques ?

MK : Il s’est déjà passé des choses assez dingues pour cet album : d’une part, la chanson offerte par Sia, « Freeze to You » puis, enfant, ma sœur m’avait fait découvrir la violoniste Lindsey Stirling. La rencontrer était devenu mon rêve et voilà qu’elle collabore sur le titre de mon album « Sounds like Heaven »… c’est incroyable ! Aujourd’hui, je suis surtout reconnaissante de toutes ces rencontres et demain on verra. Je n’ai pas envie de faire une collaboration juste pour en faire une, il faut que cela corresponde à un projet.

TM : Ta carrière est en pleine ascension, est-ce que tu le vis positivement avec la pression que cela peut engendrer ?

MK : Je pense que l’on vit vraiment des moments de grâce ! C’est un métier comme un autre avec du positif et du négatif qu’il faut gérer. Il est vrai que les choses arrivent de manière exacerbée mais c’est le milieu qui le veut : les joies sont très grandes, les peines sont très grandes, le stress est très grand… tous les sentiments sont démultipliés, c’est comme un tourbillon parfois autour de l’équipe mais nous avons nos « garde-fous » ! Ils nous maintiennent dans le réel. Je suis vraiment bien entourée.

TM : Quelle sera ta formation sur scène, les arrangements ?

MK : Elle sera composée d’un piano, d’une guitare électrique et sèche, d’un cello, basse, batterie plus des séquenceurs et moi au chant. On est là !

TM : As-tu déjà fait un concert à l’Espace Julien ? Et quelle ambiance souhaites-tu créer ?

MK : Non jamais, je ne connais pas la salle. À huit semaines du démarrage de la tournée, nous sommes justement en pleine réflexion concernant l’univers visuel que je souhaite amener sur scène. Nous souhaitons trouver des phases, créer des transitions entre les morceaux. Aussi, la rencontre avec le public, je l’attends. Me retrouver face à eux, les entendre chanter avec moi, c’est un moment sacré et une finalité. Pendant un an, on a fait des showcase aux quatre coins de la France avec le single et je pense que chaque lieu de la tournée va nous rappeler quelque chose de spécial.

TM : Un auteur préféré ? Un film qui t’a marqué ?

MK : Paolo Coelho est mon auteur favori, j’adore sa manière d’écrire et le film que j’aime par-dessus tout est Inception de Christopher Nolan. Des ambiances, des univers qui me parlent, me transportent et m’emmènent ailleurs.

En concert le mardi 17 novembre
Espace Julien _39 cours Julien, Marseille 6ème _04 91 24 34 10
_www.espace-julien.com

Fearless, Marina Kaye (Capitol Records)
Toutes les dates de tournée sur _www.fnac.com
_www.marinakaye.com

Photos _Yann Orhan