Les Rencontres d’Arles 2026, 4 expos à voir en cette rentrée !
Les vacances sont (presque) derrière nous et la rentrée culturelle pointe le bout de son nez… C’est justement le meilleur moment pour filer à Arles, à l’occasion des Rencontres de la photographie, jusqu’au 4 octobre 2026. Après l’effervescence de l’été, la ville retrouve un peu de calme. Sans la cohue, on prend le temps de contempler. On a testé pour vous quatre expos à ne pas manquer : des archives du Ghana indépendant aux rues de New York, en passant par les OVNI et les couleurs d’Harry Gruyaert. Quatre univers très différents, tournant pourtant autour de mêmes thématiques : l’identité et les frontières.
1. Ghana ! Rêver l’indépendance, 1957–1976
Palais de l’Archevêché
C’est l’une des expos qui donne immédiatement le ton de cette édition. Ghana ! revient sur une période charnière : celle qui suit l’indépendance du pays, proclamée en 1957 après plus d’un siècle de domination britannique. Photographies, archives et créations contemporaines racontent la naissance d’une nouvelle image du Ghana. Au programme ? Émancipation politique, bouillonnement culturel et construction d’une identité nationale. On y croise notamment les images de James Barnor, de Felicia Abban ou encorede Willis E. Bell, mais aussi le regard de photographes contemporains. L’exposition montre à quel point la photographie a participé à raconter cette jeune nation au monde : dans les magazines, les livres, les cartes postales, et jusque sur les billets de banque ou les textiles.
Pourquoi on aime ? Parce que l’exposition ne se contente pas de montrer de « belles images » : elle raconte un pays en train de se réinventer. Et surtout, elle permet de comprendre pourquoi le Ghana occupe une place aussi particulière dans l’histoire de la photographie africaine. Détail qui ne trompe pas : l’image choisie pour l’affiche 2026 est signée Carlos Idun-Tawiah, dont le travail est également présenté dans l’exposition. Many Reasons to Live Again, photographiée en 2022, donne une belle résonance contemporaine à cette histoire de liberté et de nouveaux récits.
2. Martine Barrat, Soul of the City
Espace Van Gogh


Changement radical d’ambiance. Avec Martine Barrat, direction New York, et plus particulièrement les quartiers populaires de Harlem et du South Bronx. Installée dans la ville depuis 1968, la photographe y a développé une œuvre profondément humaine, au plus près de celles et ceux qui vivent dans des quartiers souvent racontés à travers leurs difficultés. Mais chez Barrat, pas question de jouer les reporters de passage. Son approche est intime, complice, parfois joyeuse, toujours profondément respectueuse. Elle photographie les corps, les fêtes, les familles, les enfants, les danseurs, les boxeurs et les habitants de ces quartiers avec lesquels elle entretient de véritables liens.
Son parcours est lui-même assez incroyable : ancienne danseuse à Paris, elle arrive à New York à la fin des années 1960, puis s’intéresse à la vidéo avant de se consacrer à la photographie. Elle travaillera notamment avec les gangs du South Bronx au début des années 1970.
Pourquoi on aime ? Parce que Soul of the City nous donne l’impression de rencontrer les protagonistes présentés. Les images sont vivantes, touchantes, et racontent une ville à hauteur d’humain.
3. Nous ne sommes pas seuls, Images extraterrestres
La Croisière

Tout droit vers les étoiles ! Et vers les (potentiels) peuples venus d’ailleurs…
Point de départ de l’exposition : une mystérieuse photographie réalisée en 1975, devenue célèbre notamment à travers l’imaginaire associé à la série américaine X-Files. À partir de là, le commissaire Philippe Baudouin nous entraîne dans une histoire étonnante des « images extraterrestres ». On découvre ici des photographies, archives, documents ufologiques et œuvres contemporaines. Sur les murs, les célèbres clichés d’Eduard Albert Meier, mais aussi des témoignages et des clichés parlants qui interrogent vraiment.
Pourquoi on aime ? Parce que l’exposition joue avec nos certitudes. Est-ce une preuve ? Une illusion ? Une manipulation ? Une croyance ? Une fiction ? Peu importe finalement : ce qui fascine ici, c’est notre besoin de croire aux images… et notre difficulté à savoir ce qu’elles nous racontent vraiment. Une expo parfaite pour les curieux, les amateurs de mystères et tous ceux qui ont déjà passé beaucoup trop de temps à regarder des vidéos d’OVNI à 2 h du matin.
4. Harry Gruyaert, A Sense of Place
Chapelle Saint-Martin du Méjan


Dernière étape de notre sélection : le grand voyage en couleurs de Harry Gruyaert.
Paris, Tokyo, Moscou, Anvers, Mumbai, Zanzibar… Le photographe belge traverse les villes du monde sans vraiment chercher à en faire un guide touristique. Ce qui l’intéresse, c’est plutôt l’atmosphère d’un lieu et la façon dont les couleurs, les ombres et les silhouettes humaines composent une image. Chez Gruyaert, une scène banale peut devenir une véritable petite claque visuelle : on a parfois même l’impression d’un dessin, et quelques œuvres nous font penser au travail du peintre Edward Hopper.
Pourquoi on aime ? Parce qu’on ressort de là avec l’envie de regarder autrement les villes que l’on traverse tous les jours. Gruyaert rappelle que la photographie peut transformer le quotidien en terrain de jeu graphique : il suffit parfois du bon cadrage pour isoler les détails ! CGR
Les Rencontres de la photographie d’Arles, jusqu’au 4 octobre 2026.
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