Kata, Le 2 avril au Klap
Il y a tout juste un an, quelques happy few avaient eu la chance de découvrir les premières minutes de Kata au Pavillon noir. Une façon de mettre l’eau à la bouche des amateurs de danse contemporaine, qui ont évidemment leurs habitudes dans les travées du Ballet Preljocaj. Ils en étaient ressortis électrisés, intrigués et surtout, désireux de voir la suite de ce solo show hybride, comme souvent d’ailleurs chez la chorégraphe et danseuse Anna Chirescu, laquelle revient dans le Sud ce 2 avril (au Klap), pour nous livrer la suite de sa nekuia soviétique. Pièce sur la transmission, Kata s’inspire de l’histoire du père de la danseuse qui, dans les années 1980, a fui le régime de Ceaușescu, à la faveur d’une compétition de karaté l’ayant providentiellement emmené au-delà des frontières roumaines. Mélangeant récit en voix off, archives sonores, écrans exposés et un travail remarquable sur la mise en son et en lumière, Anna Chirescu remonte le cours d’une mémoire traumatique en enchaînant les katas comme autant de mantras musclés, assénés contre les fantômes de la dictature. Les souvenirs personnels se perdent dans le flux d’une histoire collective et chaque symbole, chaque image, marque de son empreinte le corps de la danseuse ; car si dans les katas, l’adversaire est imaginaire, la tension du coup porté ou de l’esquive, s’imprime au plus profond du muscle. Et c’est là que les frontières se brouillent, le corps se présentant aussi bien comme un moyen d’émancipation, que comme l’objet éprouvé d’un contrôle autoritaire… Un récit dansé poétique, sensible et souvent drôle qui, dans le contexte géopolitique actuel, est plus que jamais pertinent !
Klap maison pour la danse, 5 avenue Rostand, Marseille 3e
Le 2 avril 2026, 20h
Photo en Une : © Darius Dolatyari Dolatdoust