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Jean-Roch Pedri, Le jour et la nuit

S’il entame sa première saison depuis vingt-six ans sans son mythique VIP Room, Jean-Roch n’a guère le temps de s’ennuyer, entre les festives Halles de Saint-Tropez, son restaurant grec OPA et ses nombreux projets professionnels. ToutMa a rencontré l’ancien « roi de la nuit », en passe de devenir « empereur de jour ».

ToutMa : Comment abordez-vous ce premier été sans le VIP Room de Saint-Tropez, que vous avez dirigé depuis 1998 ?
Jean-Roch : Je me tourne davantage vers les Halles de Saint-Tropez et OPA, mon restaurant grec, qui ferment tous les deux vers 2 ou 3 heures du matin. Le monde du clubbing a changé et je travaille donc différemment, en trouvant un meilleur équilibre. Quand on s’est couché à 6 heures du matin pendant quarante ans, gagner quelques heures de sommeil représente beaucoup en termes de bien-être ! Je me lève plus tôt, j’ai davantage de temps pour ma famille, pour mes projets. Et j’ai aussi un peu plus de temps pour moi, ce qui est assez nouveau.

TM : Après plus d’un quart de siècle à la tête du VIP Room, ressentez-vous parfois une forme de nostalgie ou aviez-vous le sentiment que le moment était venu de tourner la page ?
J-R : Je n’éprouve ni nostalgie ni tristesse particulières. Je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer depuis cette décision que j’ai prise avec mon frère Dominique [avec qui il travaille main dans la main depuis ses débuts, NDLR]. Bien sûr, ce n’est jamais simple de dire stop à une aventure comme celle-là, mais c’est une chance de pouvoir s’arrêter quand tout fonctionne encore. Ça n’arrive pas souvent dans ce milieu. Donc, au contraire, je sens qu’un nouveau chapitre s’ouvre et je suis enthousiaste à l’idée de découvrir la suite.

TM : À quoi va ressembler l’été 2026 de Jean-Roch ?
J-R : Je vais observer ce qui se passe à Saint-Tropez, mais aussi voyager. Je suis parti en famille au Japon au mois de juin, et cela faisait très longtemps que je n’avais pas pris de vacances d’été. Ce genre de voyage permet de prendre du recul, de trouver de nouvelles idées. Je vais également continuer à donner de la force et du temps aux Halles de Saint-Tropez et à OPA, qui sont devenus de véritables phénomènes festifs. Quand je dis que c’est peut-être le clubbing du futur, je pense sincèrement ne pas me tromper ! J’ai deux établissements qui me passionnent et je suis très motivé à l’idée de poursuivre leur développement.

TM : Quarante ans après votre arrivée à Saint-Tropez, que représente encore ce village à vos yeux ?
J-R : Une évolution permanente, un mouvement perpétuel et une créativité qui ne s’essouffle jamais. Les générations changent, les visages évoluent, mais il existe toujours ce mélange de magie et de passion pour ce petit village de pêcheurs qui devient, quelques mois par an, le centre du monde.

TM : Vous avez plusieurs cordes à votre arc : DJ, chanteur, producteur… Cette nouvelle liberté vous donne-t-elle envie de renouer avec certaines de vos passions ?
J-R : Oui, je vais avoir plus de temps à consacrer à la musique. Le 3 juillet, j’ai notamment participé à « Cassis en Scène » aux côtés de nombreux artistes comme Mosimann ou Dimitri from Paris. Cela faisait quelque temps que je n’avais pas fait de festival et ça m’a donné envie d’en faire davantage. J’aimerais aussi pouvoir passer plus de temps en studio, enregistrer de nouveaux titres et retrouver la scène. Que ce soit derrière les platines ou au micro, c’est un exercice que j’aime toujours autant.

TM : Vous êtes père de six enfants. S’ils voulaient suivre vos traces dans le clubbing, quel conseil leur donneriez-vous ?
J-R : Je leur dirais avant tout de faire attention. Ce n’est pas un univers facile, même si, au fond, aucun métier ne l’est vraiment. Personnellement, je ne les encouragerais pas forcément à emprunter cette voie, mais ce sont eux qui décideront, pourvu qu’ils le fassent bien. Si c’est leur passion, alors il faut la vivre pleinement, avec honnêteté, sincérité et beaucoup de travail. Peu importe le métier que l’on choisit, l’important, c’est d’y trouver son bonheur.

TM : Si l’occasion se présentait demain, pourriez-vous rouvrir un club ?
J-R : Ce n’est pas le projet aujourd’hui, mais il ne faut jamais dire jamais. Si je devais y revenir, ce serait probablement davantage dans du consulting, pour partager mon expérience et mettre à profit ces quarante années passées dans ce milieu. Donc accompagner des projets, des marques, participer à leur développement : pourquoi pas. En revanche, repartir sur le terrain non-stop pendant des années, je ne suis plus sûr de vouloir cela. C’est bien aussi, la lumière du soleil !

Les Halles de Saint-Tropez, 1 All. du Quai de l’Epi, Saint-Tropez, plus d’infos sur www.leshallesdesaint-tropez.com
OPA restaurant, Rue du 11 Novembre 1918, Saint-Tropez, plus d’infos sur opaworld.com/fr/saint-tropez