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Salima Passion, ambition stand-up 

Avec ses 155 000 abonnées et sa présence continue dans les meilleurs comedy clubs hexagonaux, l’humoriste marseillaise Salima Passion est définitivement l’une des nouvelles figures du stand-up à suivre de près. Sur scène, elle revendique un humour engagé, abordant des thématiques sociales contemporaines, comme le féminisme, mais aussi des sujets plus légers, comme les petites contradictions de la vie quotidienne. À la croisée des réseaux sociaux et du stand-up traditionnel, Salima Passion incarne une nouvelle génération d’humoristes : connectée, directe et en prise avec son époque. 

ToutMa : Comme beaucoup d’humoristes, tu as émergé avec les réseaux-sociaux, quel rapport entretiens-tu avec eux ? 

Salima Passion : C’est vrai, et pourtant, à la base, j’ai quand même commencé par le stand-up ! Comme tu le dis, les réseaux, c’était surtout un moyen de me faire connaître, du moins c’est ce que je croyais au début… Quand je me suis vraiment lancée, au niveau des contenus, je n’étais pas très régulière, un peu dilettante, mais j’ai vite compris que les réseaux, c’était un vrai travail : publier souvent, être constant. Aujourd’hui, ça représente un outil énorme. On a une liberté que les générations d’avant n’avaient pas : on peut se faire connaître seuls, sans passer par la télé ou des contacts. 

TM : Entre les vidéos et la scène… qu’est-ce que tu préfères ? 

S.P. : La scène, sans hésiter ! Ce moment où tu testes une blague, où tu doutes… et d’un coup toute la salle rit, c’est incroyable. C’est une émotion collective que tu ne retrouves pas sur les réseaux. La scène, c’est du partage pur. 

TM : Quels humoristes ou artistes t’ont le plus influencée ? 

S.P. : Florence Foresti, en France, clairement. Elle a ouvert des portes, surtout pour les femmes. Et côté américain, Bill Burr. J’adore sa liberté, le fait qu’il ose aller dans des zones sensibles. Ils sont très différents, mais ils représentent deux choses qui m’inspirent : la sincérité et la liberté. 

TM : De quoi s’inspirent tes sketchs ? 

S.P. : Des incohérences du quotidien. Dès que je vois une contradiction dans la société, ça me fait rire et j’ai envie d’en faire quelque chose. J’aime aussi parler de sujets un peu sensibles. Pour moi, l’humour est le meilleur moyen de les aborder. Je ne crains pas les réactions du public. Si je ne pouvais plus m’exprimer librement, je ne ferais pas ce métier (rire). Et puis je pense que mon identité joue aussi : être une femme, avoir des origines maghrébines… ça me donne une légitimité pour parler de certaines choses. C’est une force. 

TM : Comment est arrivé ton déclic pour le stand-up ? 

S.P. : J’ai eu une vie très différente avant. J’ai été mariée pendant dix ans, avec une vie très confortable… mais je n’étais pas heureuse. À un moment, je me suis dit qu’il fallait que je trouve ce qui me faisait vraiment vibrer. Et je me suis lancée dans le stand-up. Ça a créé une rupture dans ma vie. J’ai tout quitté, j’ai dû travailler à côté, j’ai même été femme de ménage dans un club de boxe à Marseille. C’est là que j’ai rencontré des gens qui m’ont aidée, qui m’ont structurée, comme Alban Ivanov et surtout mon manager, Samuel. J’ai compris que c’était un vrai métier, qui demandait de la discipline : écrire tous les jours, être rigoureuse, prendre soin de soi. Avant, j’étais quelqu’un qui essayait plein de choses sans jamais aller au bout, d’où ce pseudo, Salima Passion, que m’ont donné mes copines (rire). Là, pour la première fois, je me suis dit : je vais aller jusqu’au bout. 

TM : Et ta première scène, ça a été un déclic immédiat ? 

S.P. : Oui. Même si c’était une scène bienveillante, avec un public acquis, j’ai ressenti un truc très fort. Après, j’ai pris des claques aussi, des scènes plus dures. Et là tu comprends le travail que ça demande. Mais c’est ça qui est beau : tu progresses, tu bosses, et tu vois les résultats. 

TM : Quel est ton état d’esprit aujourd’hui ? 

S.P. : Je suis concentrée. Je sais que j’ai encore énormément de travail, mais je suis bien entourée et surtout, je prends du plaisir. Et pour moi, c’est ça le plus important. 

Salima passion (@salima_passion) 

Jusqu’au 30 avril 

Tous les jeudis soir à La Grange Comedy, 55 cours Gouffé, Marseille 6e