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Mylène Jampanoï, Le retour de la grâce

Plus rare sur les écrans ces dernières années, la comédienne originaire d’Aix-en-Provence livre une prestation saisissante dans le percutant N121- Bus de Nuit de Morade Aïssaoui. Un nouveau rôle fort pour cette actrice incandescente qui fourmille de projets et garde un solide ancrage dans son Sud natal.

« En vingt-cinq ans de carrière, je n’avais jamais fait ça. C’est une étape importante puisque c’est la première fois que l’on me confie le rôle d’une Asiatique dans un film en France », avoue, non sans une certaine fierté, Mylène Jampanoï. La comédienne, dont l’aura magnétique a été captée par de nombreux réalisateurs français et internationaux (Olivier Dahan, Pascal Laugier, Clint Eastwood, Xavier Dolan…), a souvent été cantonnée aux rôles de femmes fatales. Ses origines chinoises ont certes été esquissées dans quelques films mais sans avoir une réelle importance dramatique jusqu’à présent. Mais ça c’était avant N121 – Bus de Nuit, premier long-métrage du cinéaste Morade Aïssaoui dans lequel elle interprète Johanna, une jeune femme prise en otage avec son père (interprété par Boun Sy Luangphinith) et une dizaine d’autres personnes dans un bus de banlieue. « Ce n’est pas uniquement un film d’action. Il y a une vraie métaphore de la société avec ces personnes d’origines différentes amenées à cohabiter, malgré elles, dans un espace confiné. Comme les personnages que nous interprétons, nous ne venons pas tous du même cinéma. A priori, je suis aux antipodes de Riadh Belaïche (également connu sous le nom de Just Riadh, ndlr) ou Paola Locatelli. Et pourtant, sur le tournage, il y a eu une belle osmose entre nous tous. C’était un vrai film de troupe, une expérience collective semblable à celle que l’on peut retrouver au théâtre en tant que comédien », remarque Mylène Jampanoï.

Actrice et peintre

Avec N121 – Bus de Nuit, Mylène Jampanoï s’offre un retour remarqué sur les écrans français après plusieurs années au cours desquelles les pinceaux avaient remplacé les plateaux dans son cœur. À la fin des années 2010, l’actrice quitte Paris et prend la décision de s’éloigner du milieu du septième art, avec le sentiment d’être arrivée à la fin d’un cycle. Elle souhaite se réinventer et c’est en Grèce, sur l’île de Tinos, qu’elle va renaître en se faisant un nom en tant que peintre. « Depuis que je suis enfant, je dessine. J’avais besoin de dire qui j’étais. La peinture s’est imposée à moi puisque c’est l’extension de ce que je suis finalement », explique-t-elle. Le succès est au rendez-vous pour la comédienne dont les œuvres sont exposées dans plusieurs galeries, à Athènes mais aussi à Paris. Désormais reconnue pour ses talents de plasticienne, l’Aixoise d’origine envisage le cinéma différemment. « Il n’y a plus d’ego. Lorsque je suis partie, il y a sept ans, j’en avais marre de prouver que le métissage avait sa place sur les écrans français. Aujourd’hui, j’aborde les rôles avec davantage de sérénité et de recul », observe celle qui sera au printemps au casting de Sud-Est, une série diffusée sur Canal +, aux côtés d’Ariane Labed et Cédric Kahn.

Une fille du Sud

Ce nouveau chapitre, Mylène Jampanoï l’écrit notamment dans son Sud natal, où elle garde encore de nombreuses attaches. C’est entre Aix-en-Provence et Marseille que l’actrice a passé son enfance et son adolescence. Même si son métier de comédienne et la vie l’ont amenée à voyager et s’installer dans différents pays (Inde, Grèce…), la Provence la rappelle systématiquement à elle. « Le Sud reste ma première maison. Je trouve que Marseille est l’une des plus belles villes au monde », souligne celle qui tournera d’ailleurs en septembre prochain son premier film en tant que réalisatrice dans la Cité Phocéenne. « Ça me semble honnête et sincère de poser ma caméra ici. Pour mon premier long-métrage comme cinéaste, c’est une évidence », analyse cette artiste complète qui sortira par ailleurs son premier roman, Léna (Sixièmes Edition), au mois de mai. Entre cinéma, peinture et littérature, Mylène Jampanoï s’exprime et fascine. Pour le plus grand bonheur de ses (nombreux) admirateurs !

Son actualité :
N-121 Bus de Nuit de Morade Aïssaoui (en salles le 4 février)
Sud-Est, diffusion au printemps sur Canal + Lena (Sixièmes Édition), parution au mois de mai