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Zita Hanrot, césar du meilleur espoir féminin

C’est un parcours sans faute que vient de réaliser Zita Hanrot, révélation féminine de la 41ème cérémonie des César. À peine sortie du Conservatoire National d’Art Dramatique de Paris – le plus dur est déjà d’y entrer – elle obtient ses premiers petits rôles qui suffisent à la distinguer du commun des acteurs. Le grand public l’aperçoit notamment dans Radiostars, aux côtés de Manu Payet. Elle est ensuite repérée pour incarner l’une des filles de Fatima* et intègre grâce à ce rôle, le top 5 des jeunes espoirs féminins du cinéma français. Mais avant cette consécration, Rachida Brakni lui avait déjà offert son premier rôle (sortie en 2016). Si nous sommes tant concernés par cette apparition, c’est parce que Zita, au delà de son talent et sa beauté, est aussi Marseillaise…

ToutMa : Est-ce que le fait d’avoir fait le Conservatoire facilite les auditions, ouvre les castings ?

Zita Hanrot : Le Conservatoire permet de trouver des auditions de théâtre car les élèves bénéficient du JTN (Jeune théâtre national) qui nous met en relation avec des metteurs en scène de théâtre. Alors que sans ça, ce serait très compliqué. J’ai le sentiment que le milieu du théâtre est encore plus fermé que le milieu du cinéma. Les castings passent par l’agent en général, ce n’est pas vraiment par le Conservatoire, même si des directeurs de casting viennent fréquemment voir des spectacles pour découvrir de nouvelles têtes. Par exemple j’ai été repérée au Conservatoire pour le film Eden de Mia Hansen Love. Donc oui, cela donne une certaine visibilité mais après, c’est à chacun de profiter au mieux de cette chance.

TM : Pourquoi, selon toi, « Fatima » rencontre-t-il un tel succès ?

ZH : Peut-être parce que c’est l’histoire d’une femme qui se sacrifie pour ses enfants et que c’est le cas de beaucoup de femmes. Je crois que c’est l’universalité du propos qui touche. C’est aussi l’histoire d’une femme qui va se réaffirmer et reprendre possession d’elle-même. Et ce que ce film raconte de la France, de l’immigration est plutôt positif.

TM : Parle-nous du film réalisé par Rachida Brakni, « De sas en sas »…

ZH : C’est un long métrage que nous avons tourné en avril-mai dernier. C’est l’histoire de femmes qui vont visiter leurs hommes en prison. Le film se déroule sur une journée et c’est un huis clos. Pour ma part c’est un film que j’ai beaucoup aimé faire. J’ai fait de très belles rencontres sur ce plateau et surtout j’ai adoré rencontrer Rachida. Je trouve que c’est un grand metteur en scène et une grande directrice d’acteurs. Le sujet du film est beau et original car ce n’est pas un film sur les prisonniers mais sur leurs proches, les visiteurs, ceux qui attendent…

TM : Beaucoup de cinéma !! Et le théâtre dans tout cela ? Est-ce toujours la vocation d’un comédien ayant ta formation ?

ZH : Il n y a pas de règles mais pour moi c’est important de pouvoir faire les deux. En ce moment je joue dans « Noces de sang », une pièce de l’auteur Garcia Lorca, mis en scène par Daniel San Pedro. Avec une très belle distribution… Nous sommes  au Théâtre du Jeu de Paume à Aix-en-Provence du 3 au 5 mars 2016. Je trouve que le théâtre et le cinéma sont complémentaires. Quand on joue au théâtre c’est vraiment d’autres sensations. Il y a le public déjà, puis de jouer quelque chose dans sa continuité est vraiment excitant et intellectuellement stimulant !

TM : Tu es une des révélations du cinéma français aux César 2016, comment se prépare-t-on à vivre une telle soirée, le choix de la robe, le discours… fais-nous rêver. (NDLR : au moment de cet entretien la cérémonie n’a pas encore eu lieu).

ZH : Oui, c’est formidable. En ce moment, c’est un peu compliqué car je suis au Maroc pour une série et je dois m’occuper de ma robe tout en étant loin !
Mais c’est vraiment très agréable, on va dans de grandes maisons de couture essayer des robes magnifiques. C’est un aspect du métier qui est assez drôle. C’est aussi énormément de fantasmes. On se dit « si je l’ai, comment je vais réagir » ?
Je me visualise sur la scène du Châtelet et c’est très excitant. Il faut être malin avec le discours, il ne faut oublier personne et en même temps ne pas faire trop long. Mais je pense que si j’ai le César, l’émotion sera tellement forte que je ne sais même pas si j’arriverai à dire quelque chose !

TM : Comment imagines-tu ta carrière, d’une manière idéale ? Quels sont tes projets immédiats ?

ZH :  Je voudrais travailler avec tous les réalisateurs et réalisatrices qui me font rêver et sur de beaux projets. Et pouvoir voyager avec mon travail ! Justement ça tombe bien car en ce moment je suis à Casablanca pour une série pour Canal+OTT, une nouvelle chaîne de Canal. J’attends aussi les sorties cinéma de « De sas en sas » et « Le gang des Antillais », la diffusion de « Rose et le soldat » sur France 2. Il y a d’autres choses sur lesquelles je suis en attente…

TM : Quand tu rentres à Marseille, qu’aimes-tu faire, quelles sont tes cantines, tes spots détentes, tes amusements préférés ?

ZH : J’aime aller chez Le Belge manger des bolognaises ! Je joue beaucoup à la contrée donc j’y joue pendant des heures dans le jardin de mon père. J’aime les pizzas chez L’eau à la bouche. Et je repasse souvent à La Dame Noir ou j’étais serveuse quand j’avais 20 ans. J’aime beaucoup le Frioul aussi. De manière générale quand je reviens à Marseille, je passe beaucoup de temps avec ma famille. Je les suis partout !

 

*FATIMA film français de Philippe Faucon sorti en 2015.

César du Meilleur film français de l’année pour Yasmina Nini-Faucon et Philippe Faucon

César du Meilleur jeune espoir féminin pour Zita Hanrot

César de la Meilleure adaptation pour Philippe Faucon

Nommé au César de la Meilleure actrice pour Soria Zeroual

Prix Louis-Delluc

PHOTOS _Sebañado
Zita porte la médaille or & diamants Aura de Charlet par Aime