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Romain Barnier, coach de la natation française !

Les 6,7 et 8 mars dernier, lors des finales du Meeting Open Méditerranée qui se jouaient l’après-midi dans le bassin olympique du CNM, le public marseillais, bouillant, était venu en nombre applaudir ses nageurs mais aussi les internationaux (500 nageurs /18 nations). Les athlètes de Romain Barnier ont brillé avec 9 podiums dont 6 médailles d’or. Une performance à rajouter au tableau d’un entraîneur exceptionnel. Rencontre.

ToutMa : Voici quelques années déjà que tu es l’entraîneur officiel du Cercle des Nageurs de Marseille (CNM). Aujourd’hui, tu es également l’entraîneur en chef de l’équipe de France de natation. Comment gères-tu cette double casquette ? Et était-ce ton ambition de l’obtenir ?

Romain Barnier : Les deux missions sont liées très étroitement et heureusement ne nécessitent pas de don d’ubiquité ! L’une commence quand l’autre s’arrête. J’essaie tout simplement d’y apporter les mêmes recettes que celles qui font le succès du Cercle : travail en équipe, pacte de confiance avec les athlètes et les membres du staff et grande amplitude de liberté ! Je n’ai jamais été carriériste… Mais quand Lionel Horter, l’ancien directeur technique national me l’a proposé, j’ai accueilli la demande avec plaisir et fierté.

 

TM : Imagines-tu avoir le même succès qu’à Marseille ?

RB : Les résultats des nageurs Marseillais concourent grandement à la réussite actuelle de l’équipe de France. Ce qui signifie que si ce n’est pas le cas, j’aurais échoué sur les deux tableaux. Je vais donc m’atteler avec le staff du Cercle et celui de l’équipe de France à faire que cela ne se produise pas.

 

TM : Jacques Favre, actuel président de la commission sportive du CNM, a été nommé au poste de directeur technique national de la natation française. Comment ce travail d’équipe permanent se vit-il ?

RB : Sa prise de poste est très récente, mais le sentiment qui domine est celui de l’excitation. La natation française va découvrir un personnage riche qui peut énormément apporter. Il porte en lui la notion de collectif.

 

TM : Le CNM vient de recevoir le 4ème Meeting Open Méditerranée (MOM) dans lequel tous les champions du monde entier sont venus concourir. Comment notre club (ton club !) est-il perçu dans l’univers de la natation internationale ?

RB : J’espère comme il le mérite et comme on aime être perçu à Marseille, atypique, singulier, avec une énergie débordante tournée vers le sommet.

 

TM : Le MOM est-il un bon moyen de populariser davantage ce sport ? En a-t-il besoin d’ailleurs ?

RB : Au contraire des sports collectifs qui sont en représentation chaque semaine, la natation a moins l’occasion de se mettre en avant. Le MOM et le Circuit FFN TOUR sont d’excellents moyens de populariser notre sport.

 

TM : Le séjour en Thaïlande juste avant le meeting était-il une préparation physique ?

RB : Ce séjour en Thaïlande fait partie d’une préparation à moyen terme dirigé vers les Jeux Olympiques de Rio. C’est un des socles forts. Loin de leur routine, les athlètes sont plus à même de progresser. Il sert aussi à créer des liens entre tous les membres du groupe, staff et athlètes compris.

 

TM : Si tous tes nageurs sont qualifiés pour les Mondiaux de Kazan (Russie) qui vont avoir lieu en juillet, quels seront alors les objectifs du team CNM ?

RB : Les résultats obtenus lors des Championnats du Monde de Barcelone en 2013 ont placé la barre très haut. Mais depuis nous avons conservé nos leaders et nous nous sommes renforcés de deux ou trois jeunes talents extraordinaires. Le staff est lui aussi plus performant. Tous les ingrédients sont présents pour écrire un nouveau chapitre inédit dans l’histoire du club et contribuer à la réussite de l’équipe de France.

 

TM : Aujourd’hui « Marseille, capitale de la natation » et demain future capitale du sport (2017)… Te projettes-tu d’ici-là aux mêmes postes ? Comment vois-tu la natation au sein de cet événement très emblématique pour la ville ?

RB : Chaque année, je m’épanouis un petit peu plus. Ce club est un endroit magique, qui nous laisse toute liberté pour explorer le haut niveau. J’espère donc être présent en 2017 et même au-delà. Nos résultats passés nous positionnent en ambassadeurs du projet 2017, il va falloir assumer ce statut et contribuer à en faire une réussite. Une Marseille plus sportive sera une Marseille plus heureuse.

 

TM : Tu as 40 ans aujourd’hui, l’âge du premier bilan. De quoi es-tu le plus fier ? Que te souhaites-tu de meilleur pour les 20 prochaines années ?

RB : Je suis fier de voir ces jeunes athlètes devenir des hommes et des femmes biens, du travail accompli en équipe et enfin de rendre des gens heureux par nos résultats. Pour les 20 prochaines années, j’espère qu’elles auront toujours cette odeur de chlore. Je ne pense pas pouvoir être heureux sans elle…