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Renaud Capuçon ou la Provence mélomane…

Les mélomanes avertis connaissent Renaud Capuçon, violoniste virtuose et soliste réputé. Mais, avouons-le, nombre d’entre nous l’ont découvert lorsqu’il a épousé Laurence Ferrari, reine du JT de TF1 en son temps. L’homme est beau, talentueux, amoureux et, de plus, généreux. Il est à l’origine d’un très beau projet (avec Dominique Bluzet et Michel Lucas) qui va bientôt devenir réalité : Le Festival de Pâques. Une programmation musicale prestigieuse que vous découvrirez du 26 mars au 7 avril à Aix-en-Provence au Grand Théâtre de Provence.

 

ToutMa : Dominique Bluzet nous a déjà confié avec beaucoup d’émotion, toute l’ampleur internationale que vous voulez tous deux donner au Festival de Pâques. Racontez-nous cette rencontre et comment l’idée même de ce festival est venue…

Renaud Capuçon : J’ai rencontré Michel Lucas, président du groupe Crédit Mutuel CIC à qui j’ai parlé de mon projet de festival, puis j’ai appelé Dominique Bluzet, que je ne connaissais pas, et lui ai exposé mon idée de créer à Aix-en-Provence à Pâques un festival de musique classique. Il y a eu un moment de silence puis il m’a dit : « Rencontrons-nous ».

Ensemble nous sommes allés porter ce projet auprès du mélomane Michel Lucas qui nous a donné les moyens financiers de réaliser nos rêves respectifs s’engageant financièrement pendant 5 ans. C’est grâce à la complémentarité de nos trois compétences que nous avons réussi à monter cet évènement comme il en existe en Allemagne avec le Festival de Salzbourg ou encore à Baden-Baden. Il était primordial pour nous que ce festival ait lieu à Aix-en-Provence, une ville qui a déjà une grande notoriété musicale grâce à son Festival d’Art Lyrique.

 

TM : Quelles ont été les grandes étapes de son élaboration ?

RC : Nous avons eu un délai très court pour réaliser cette première édition 2013. Seulement 6 mois, alors que pour programmer certains orchestres il faut s’y prendre presque 2 ans à l’avance. Nous avons réussi à inviter certains artistes grâce notamment aux liens que j’entretiens avec les musiciens. D’autre part, le CIC nous a demandé que soit programmée chaque année une Passion et c’est la Passion selon Saint-Jean qui ouvrira le festival cette année. Il était important pour moi comme pour Dominique de mettre en lumière la jeune génération, c’est pourquoi nous avons créé deux concerts Génération@Aix où vous pourrez découvrir aux côtés de musiciens plus expérimentés les solistes de demain. J’ai beaucoup appris de mes aînés lorsque j’étais plus jeune dans le métier et aujourd’hui encore j’apprends de mes pairs.

 

TM : La programmation semble plutôt pointue. Tenterez-vous vraiment de plaire au plus grand nombre ? Quels sont vos objectifs culturels ?

RC : Je ne pense pas que ce soit une programmation pointue, mais elle vise vraiment l’excellence. Vous y trouverez des œuvres très connues, dont beaucoup de compositeurs romantiques, l’objectif étant de partager la musique avec le plus grand nombre. De plus pour faire appliquer ce principe, nous avons choisi de mener une politique tarifaire modérée de 10 à 60 € maximum.

 

TM : Vous êtes originaire de Chambéry, où vous avez également créé un 1er festival consacrant votre passion pour la musique de chambre. Aura-t-elle une importance particulière dans le programme du Festival de Pâques ? Avez-vous d’autres domaines de prédilection ?

RC : La musique de chambre fait partie de mon univers de musicien tout comme la musique symphonique, c’est une musique incroyable qui se devait d’être présente pendant ce festival. Le cadre intime du Théâtre du Jeu Paume se prête à merveille à cette forme tandis que la grande salle du Grand Théâtre de Provence accueillera les formations symphoniques.

 

TM :  Vous avez acquis une belle popularité, au sens littéral du terme, en plus de la reconnaissance de vos pairs. Comptez-vous vous produire aussi sur scène lors de cette première édition ?

RC : Nous en avons longuement parlé avec Dominique, je pense que si je n’avais pas joué pendant le festival le public n’aurait peut-être pas compris. Je joue à trois reprises, dans un concert de Génération@Aix, car, comme je l’ai déjà dit, la notion de transmission est très importante, avec Hélène Grimaud qui est de la région et que je connais bien, lors d’une carte blanche que Dominique Bluzet m’a confiée.

 

TM : Quels sont les interprètes contemporains qui vous émeuvent en particulier ? Et quant à vos compositeurs préférés ?

RC : Il est évident que cette programmation et celles à venir reflètent mes goûts musicaux. Tous les artistes, interprètes, compositeurs… sont des gens que j’aime et que j’admire tant artistiquement qu’humainement.

 

TM : Comment, avec Dominique Bluzet, vous êtes-vous partagé la sélection artistique ? Je le sais suffisamment mélomane pour avoir des idées éclairées.

RC : Nous sommes très complémentaires et nous avons beaucoup d’échanges quotidiens sur ces questions-là, tout en étant très indépendants dans nos réflexions. La liberté dans notre discours nous permet de partager nos idées et nos envies respectives. Dominique Bluzet gère avec son équipe une grosse part du travail sur l’aspect exécutif, quant à moi j’ai une grande liberté artistique.

 

TM : Pensez-vous que cette année 2013, symbolique pour la Provence soit absolument déterminante dans la réussite et la pérennité du Festival de Pâques ? Que pensez-vous globalement de l’entité « Capitale Européenne de la Culture » ?

RC : Quand j’ai appelé Dominique Bluzet, je n’étais pas au courant que Marseille Provence allait être Capitale Européenne de la Culture. Je trouve cela formidable pour ce territoire, cela a permis de mettre un coup de projecteur et d’accroître la notoriété du Festival de Pâques. Ça ne peut être qu’un évènement positif, il faut voir par la suite comment chaque ville s’approprie cet évènement. D’un point de vue extérieur, cela semble très bien engagé.

 

TM : Comment ressentez-vous d’ailleurs la Provence d’aujourd’hui ? Envisageriez-vous de vous y installer un jour avec votre famille ?

RC : J’adore cette région et j’y viens tous les deux ans en vacances. Ma présence pendant deux semaines à Aix-en-Provence va me permettre d’en découvrir davantage. Quant à  m’y installer avec ma famille, il encore trop tôt pour y songer…

Grand théâtre de provence
380 Avenue Max Juvenal, 13100 Aix-En-Provence

Réservations _08 2013 2013 _www.festivalpaques.com