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Olivier Dahan « comics trip »

C’est LA comédie de la rentrée. Les meilleurs humoristes Français sont à l’affiche du dernier film d’Olivier Dahan, réalisateur du film culte « La môme ». L’ enfant prodige du cinéma est né à La Ciotat, berceau du 8ème Art… sûrement un signe. Pour ToutMa, on considèrera qu’il est Marseillais. Rencontre avec un cinéaste brillant qui s’essaye à un genre nouveau, avec brio comme à son habitude, pour notre plus grand plaisir…

« Les Seigneurs » sur les écrans depuis  le 26 septembre 2012

ToutMa : Après l’immense succès de « La môme », un joli film poétique franco-américain « My own long song », vous ajoutez une comédie à votre filmographie. Pourquoi ce choix ?
Olivier DAHAN : Les gens qui me connaissent savent depuis très longtemps que j’avais envie de réaliser une comédie. Le producteur Isaac Sharry m’a proposé ce script. Il m’a plu, j’ai hésité, et finalement je me suis dit « ok lance-toi ! ».

TM : Est-ce que l’exercice de style est plus difficile à faire ? Fait-on rire facilement les gens ?
OD : Ce n’est vraiment pas un mythe de dire que faire une comédie demande énormément de travail. J’ai eu beaucoup d’acteurs à faire tourner en même temps sur le plateau, ce qui est très fatigant. J’ai mis des mois à monter et remonter le film. Mais j’y ai pris énormément de plaisir.

TM : Comment avez-vous fait votre casting ? Ce sont des coups de cœur, des convictions ?
OD : Ce ne sont que des coups de cœur et du feeling. Le casting s’est fait lors d’une soirée entre amis. On s’est tous demandé qui nous aimions comme comiques. Les choix étaient purement artistiques. Tous les acteurs sont des gens avec qui j’avais envie de travailler. J’en connaissais certains, pour les autres je suis allé à leur rencontre accompagné du producteur.

TM : Y a-t-il un humoriste qui a osé refuser de faire partie de la team Olivier Dahan ?
OD : (amusé) Non, personne n’a osé me dire non. Enfin, seuls deux ne pouvaient pas mais uniquement parce que les dates de tournage ne convenaient pas.

TM : Lequel d’entre eux a été le plus dissipé sur le tournage ?
OD : Personne. L’ambiance émanait du groupe au complet ! Leur entente a engendré de la décontraction, ce qui a rendu le tournage joyeux et des scènes très créatives. Généralement, j’aime qu’il y ait du sérieux mais aussi de la décompression sur un tournage… Cela fait partie du processus de construction de mes films.

TM : Quel(s) entraîneur(s) vous a (ont) inspiré pour façonner Oberda ?
OD : Aucun. Je ne fonctionne jamais comme ça. Je me suis intéressé à l’acteur José Garcia avec intuition. Certains auraient pu m’inspirer, effectivement, mais les scénaristes ont certainement fait ce travail avant moi. Le rôle final de José en Oberda est un mix de ma vision et de celle de Philippe et Marc de Chauveron.

TM : En ce qui concerne Le Pénis, surnom Le Pen, le rôle ne pouvait revenir qu’au Comte de Bouderbala…Vous l’avez casté nu ?
OD : (hilare) Exactement ! D’ailleurs, ils ont tous fait le casting nu, mais lui a adoré ça. Il faut savoir que le comte est très exhibitionniste et qu’il a passé le tournage dénudé. On l’a forcé à se rhabiller pour toutes les scènes.

TM : JoeyStarr incarne Valderama ayant une grosse réputation de fumeur de joints, a-t-il fallu qu’il adopte le même comportement ?
OD : (toujours hilare) Non, promis je n’ai rien demandé à Didier. C’est un homme suffisamment créatif, intuitif et surtout excellent acteur naturellement.

TM : Physiquement, comment rend-on crédible des acteurs peu sportifs ?
OD : Ils ont eu un coach à leur disposition. Quelques entraînements ont été organisés, suivis avec plus ou moins d’assiduité. Tous avaient l’envie de courir. Ils étaient très motivés. Il faut savoir qu’ils ont été très peu doublés. Ils ont aimé être des joueurs de foot. Après, c’est le placement de la caméra qui rend le geste beau.

TM : Votre prochain film s’intéresse de près à Grace de Monaco. Est-ce un biopic comme « La môme » ? Qu’est-ce qui vous attire dans ce personnage ?
OD : Pas du tout. Le film se passe en 1962/63. Il retrace le rôle de Grace lors du conflit franco-monégasque. Ce n’est pas la vie de l’actrice fétiche d’Hitchcock qui sera retracée. Je ne peux pas pour autant articuler le film tant que je n’ai pas commencé à le tourner. Il sera  inspiré de faits réels.

TM : Votre carrière artistique se nourrit de la réalisation de nombreux clips. Pourquoi ?
OD : J’adore la musique. J’aime travailler sur des choses courtes, faites sur 2 ou 3 jours. J’aime me mettre au service des autres, ça me détend…

TM : Vous êtes originaire de la région, peu de gens le savent encore. Marseille, c’est quoi pour vous ?
OD : Mes parents habitent La Ciotat. Je ne descends malheureusement pas très souvent à Marseille. J’y ai fait mes études, je suis diplômé de l’école des Beaux-Arts. J’aime beaucoup la ville, j’y ai des accroches. Les rares fois où j’y vais, je traîne dans les rues…

 

Photos _ Emmanuel Bournot