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Nawell Madani "C’est moi la plus belge !"

Jeune humouriste au féminin, avec une jolie notoriété issue de ses prestations au Jamel Comedy Club, Nawell Madani est aussi une femme ravissante au tempérament de feu, douée pour la danse et la comédie. Talent polymorphe prometteur, elle arrive sur le devant de la scène.

– Comment réagit ta famille aujourd’hui par rapport à ton succès (tu le dis dans ton spectacle, ils étaient loin d’approuver ton départ de Bruxelles pour Paris) ?

Mon succès a dans un premier temps soulagé ma famille. Ma mère surtout qui avait très peur pour moi. Vue de Bruxelles, Paris est une ville qui fait peur. Entre les reportages sur la délinquance, sur le milieu de la nuit… Paris pour nous c’est un mélange entre Las Vegas et la Colombie. Ensuite, et comme je le dis dans mon spectacle, c’est le sentiment de fierté qui a pris le dessus, en particulier chez mon père. C’est là que je mesure mon vrai succès, la fierté des miens. Au départ ma famille ne voulait pas que je parte, aujourd’hui ils ne veulent plus que je revienne!

–  2011 marque tes débuts sur scène avec le Jamel Comedy Club, qu’est ce que qu’il t’a apporté, permis de réaliser ?

Le Jamel Comedy Club a été une expérience fondamentale pour la suite de ma carrière, et à plusieurs niveaux. Tout d’abord, ça m’a conforté dans mon envie de faire de la scène. Se confronter à un public d’initiés et entrer dans la compétition face à d’autres humoristes, il s’agit d’une entrée dans le « vrai game ». C’est comme passer du football amateur au monde professionel, passer du PSG à l’OM quoi. (A Paris je dis l’inverse bien entendu). Le Jamel Comedy Club m’a également donné une visibilité que j’aurai eu beaucoup de mal à obtenir autrement. Il s’agissait pour moi d’un avant-goût du succès, avec ses bons et ses mauvais côtés. Je n’ai retenu que les bons et ça m’a permis d’avancer très rapidement. Interviews, passages télés, émissions, toutes ces choses se sont logiquement enchainées grâce au JCC. C’est de cette expérience que j’ai compris que j’étais la plus Belge, mais aussi la plus meuf ! La Brigade Anti-Bâtards est née du JCC !

– Lors de tes représentations, tu fais interagir le public, tu interpelles ou commentes « cash » les réactions des spectateurs et, parfois les retours sont inattendus : cela ne te déstabilise jamais ? comment te prépares-tu à ce type d’improvisation face au public ?

L’improvisation avec le public est un élément essentiel pour moi. Elle me permet d’installer une complicité avec les spectateurs sans laquelle cette discipline serait trop fade. Ca me permet également de m’installer sur scène, de m’échauffer, et surtout, de montrer qui est la patronne. Une bonne vanne sur un mec ou une nana qui fait le malin ou la maline c’est comme un but en lucarne, ça impose le respect! Pour les retours, ils sont certes inattendus, mais rarement désagréables, les gens qui viennent me voir sont toujours bienveillants et j’essaye de leur rendre.

– Comment vas-tu « gérer » le public marseillais ?! toujours très chaud dans l’interaction ?!

Tout d’abord, avec la production nous avons décidé d’être très fermes. A Paris nous demandons au public d’éteindre les téléphones portables, à Marseille nous exigerons que les Kalashnikov soit déposées au vestiaires. Pour le reste, je m’occupe des buts en lucarne d’entrée de jeu.

– Auras-tu un peu de temps pour découvrir la ville ?

Je connais dejà très bien Marseille pour l’avoir visitée de nombreuses fois. Mon metteur en scène, Ali Bougheraba, est Marseillais, et je fais pas mal d’aller/retour pour m’entrainer et répeter avec lui. D’autre part, l’hospitalité de cette ville n’est plus une légende pour moi et je m’y sens sincèrement chez moi.

– La danse a un rôle important dans ton spectacle, d’ailleurs ton ambition première était de devenir danseuse professionnelle- tu es débordante d’envies, d’énergie, participer à un spectacle, type comédie musicale te séduirait ?

Tout ce qui a un rapport avec la scène, le théâtre et à la danse m’attire. Je me concentre pour le moment sur ma carrière de comédienne mais je ne me ferme aucune porte. La danse m’a appris à ne jamais aller plus vite que la musique, donc je ne me projette pas ailleurs pour le moment, mais comptez sur moi pour saisir toutes les opportunités qui se présenteront. Je ne suis pas une opportuniste, je suis une thuniste.

– Un conseil pour les « meufs » de Massilia ?!

Les filles, faut faire des sacrifices pour réussir, moi j’ai laissé mon accent Belge à la maison. A mon spectacle comme je l’ai dit plus haut vous pourrez déposer le votre dans les vestiaires! Je plaisante, de Massilia à Paris on reste sur la même ligne. Venez avec vos mecs on va leur faire la misère ! Et pour les célibataires d’entre vous, pas de panique : ici c’est Teuch-Life *!

Ndlr :
*teuch life: (initié par Nawell) Pendant féminin de la “thug life” ou vie de gangster
*thuniste : faire de la thune