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Lison DANIEL, Les Caractère(s) : la suite…

On vient d’apprécier son frais minois de trentenaire dans une double page d’Elle magazine (daté du 10/11/22) qui consacre son talent d’écrivaine (retrouvez son livre dans notre section littéraire page 36). C’est pourtant d’abord son talent de comédienne qui a fait surgir Lison Daniel de nulle part… ou plutôt de la Toile. Via son profil Instagram, cette scénariste allumée, comme souvent le sont les Marseillais, s’est amusée à créer une galerie de personnages, tous interprétés par elle seule grâce à des filtres de transformation physique et vocale qu’on trouve sur Snapchat. Elle en crée même elle-même sur un logiciel que son frère Martin lui a fait découvrir. Le succès a été au rendez-vous pendant le premier confinement et son profil comptabilise aujourd’hui plus de 300 000 followers… Un vrai phénomène !

Aujourd’hui, heureuse de ce succès et pleinement sollicitée, la femme de lettres dissimulée sous les Caractère(s), s’est décidée à produire une version écrite mot pour mot des monologues de ses « caractères », sortes de conversations imaginaires… Le recueil a très bonne presse ! En discutant avec l’auteure, on découvre avec étonnement que ce ne sont pas toujours les personnages qu’on préfère qui sont les plus plébiscités. Si Isabelle, la bourgeoise quinquagénaire (faussement) snob, lui a valu ses premiers articles dans la presse, Lison nous confie que c’est le caviste qui remporte tous les suffrages auprès des followers.

Au début de l’aventure des Caractère(s), parce qu’il faut toujours être au moins deux pour lancer ce genre de griserie drolatique, il y avait aussi Laura Daniel, la cousine, douée comme tous les membres de cette famille, puisqu’elle excelle en dessin et a été choisie par Fragonard l’an dernier pour dessiner la gamme de packagings L’herbier de Noël. Mais c’est bien toute seule que Lison a développé le concept et créé plein de nouveaux personnages en solo depuis. Si on l’interroge sur sa motivation créative, Lison répond avec modestie : « Je n’avais pas de taf à l’époque. Donc il fallait que j’aie un muscle de jeu, d’écriture. Il fallait que je m’entraîne… » Et en vraie comédienne, Lison opte plutôt pour la difficulté d’interprétation. C’est pour cette raison qu’elle préfère ses personnages masculins, qui nécessitent plus de transformations et d’imagination.

Maintenant que l’ouvrage est paru, notre Marseillaise talentueuse travaille à tout autre chose. Tout en continuant de faire son billet de Lison dans la matinale du mercredi de France Inter (irrésistible), elle travaille activement sur un projet de long-métrage avec Fanny Herrero, scénariste accomplie et judicieusement récompensée pour la création de la série Dix pour cent. Hyper prometteur…

Et Lison cumule aussi pas mal de petits rôles dans des séries (Jeune & Golri et Rictus avec Fred Testot, toutes deux visibles sur OCS, ou encore Drôle, sur Netflix). Des rôles discrets s’il en est mais qu’elle a choisis. Lison est définitivement autant actrice que scénariste. Et si elle a résisté au chant des sirènes après le succès assez retentissant des Caractère(s), c’est qu’elle préfère tout simplement faire ses armes petit à petit, pour s’imprégner du métier. Apprendre surtout.

Lison apparaîtra au théâtre en février prochain. Dans une pièce mise en scène par Charles Templon et adaptée du livre Un président ne devrait pas dire ça, de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, publié en 2016, elle interprétera une journaliste du Monde qui va interviewer le président de la République. Ses comparses sur scène seront Thibault de Montalembert, Scali Delpeyrat et Hélène Babu.

De son enfance à Marseille, Lison Daniel conserve le souvenir de la douceur du cocon familial, de la vie facile. Cependant, du lycée qu’elle fréquentait, elle ne retient pas grand-chose, « coincée entre la rue Paradis et le boulevard Périer », comme elle dit… « On n’était pas poussé hors des limites. Marseille peut être un vase assez clos, surtout dans les quartiers sud… ». Boulimique de littérature depuis l’enfance, Lison a vite pris le chemin de la capitale, s’inscrivant à la Sorbonne et au Conservatoire. Seul le théâtre a su la combler. Alea jacta est !

UN PRÉSIDENT NE DEVRAIT PAS DIRE ÇA
À PARTIR DU 10 FÉVRIER 2023
THÉÂTRE LIBRE
4 boulevard de Strasbourg, Paris 10e
le-theatrelibre.fr

© Photo en Une : JF Paga