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Laurence Vivarelli le cinéma tout court !

Espace Forbin. Entre ombres et lumières, l’équipe du Festival International du Court Métrage prépare sa programmation 2016. La 34ème édition oscillera entre la cité du livre, les cinémas Mazarin et Cézanne, du 28 novembre au 3 décembre. Cette cinéphile passionnée a intégré l’équipe du festival il y a 12 ans. Après avoir occupé plusieurs postes jusqu’à la direction des programmes il y a 3 ans, elle en est aujourd’hui la directrice artistique.

ToutMa : Quel est le rôle d’une directrice artistique ?

Laurence Vivarelli : De se passionner pour les découvertes cinémato-graphiques des quatre coins du monde. Mon rôle est de définir la ligne éditoriale et d’encourager l’équipe et notamment les programmateurs des différentes sections. Cette année, nous avons reçu plus de 2 500 courts métrages. Le travail de programmateur est un travail de chercheur, d’observateur du monde qui nous entoure. On a de cesse de réinterroger notre vision des choses.

TM : Parlez-nous de cette édition 2016 !

LV : Le thème de la trajectoire nous titillait depuis quelque temps, puisqu’il revenait dans beaucoup de courts métrages sous des formes diverses et variées. Trajectoire de vie, déplacement géographique, évolution des mœurs… Ce sera donc la trame de cette édition avec une nuit du « roadmovie », un programme consacré à la migration, mais aussi un clin d’œil à un cinéma en mouvement avec un « Visa pour l’Algérie ».

TM : Cette édition sera aussi marquée par un vibrant hommage à Marc Ripoll… 

LV : Marc nous a quittés en décembre dernier juste après le festival. Cette édition lui sera dédiée. Président du festival pendant plus de 20 ans, il a ensuite continué de s’impliquer avec passion, accueillant toujours avec une grande bienveillance les réalisateurs et producteurs, avec lesquels il aimait discuter jusqu’au bout de la nuit. Ces dernières années, il s’occupait notamment de l’atelier jeunes auteurs qu’il avait initié en 2011. Sa connaissance du cinéma, son enthousiasme, sa franchise, son attention aux autres, nous ont portés et nous manquent. Nous lui consacrerons une séance, samedi 3 décembre, dans laquelle nous retrouverons quelques-uns des films qui l’avaient marqué.

TM : Quelle est votre philosophie ?

LV : En ce qui concerne le festival c’est de découvrir des films et des cinéastes d’un jour ou en devenir mais qui ont des choses à raconter et qui utilisent le cinéma comme vecteur. Parfois de façon accidentée, timide mais toujours touchante et intéressante, parfois aussi de façon très maîtrisée. Le court métrage s’autorise une liberté de ton et de forme, à laquelle le long a plus de difficulté à accéder.

TM : Quels moments du festival préférez-vous ?

LV : Les moments suspendus, plutôt indicibles, ceux auxquels on ne s’attendait pas, que ce soit une rencontre avec un réalisateur, un spectateur, par exemple au détour d’une discussion tardive… Sinon j’aime bien entendre une salle réagir de concert devant un film, notamment les enfants dont la spontanéité me réjouit et aussi surprendre une conversation à la sortie d’une projection.

TM : Votre dernier coup de cœur cinématographique ?

LV : Récemment j’ai revu pour la programmation scolaire un film de Jacques Rozier : Rentrée des classes, 1955. Savoureux…

TM : Un mot à la communauté des cinéphiles ?

LV : On vous attend !

Texte _VDZ