La Frappe, claque de la rentrée
Présenté à la Semaine de la Critique lors du dernier Festival de Cannes, le premier long-métrage du comédien Julien Gaspar-Oliveri impressionne. Prenant comme point de départ le thème des violences intrafamiliales avec le retour d’un père incestueux, magistralement interprété par Bastien Bouillon, ce film choc tourné à Marseille et dans ses environs a tout d’un véritable uppercut cinématographique.
Une fois n’est pas coutume, le Festival de Cannes a réservé cette année de belles surprises aux cinéphiles. L’une des plus puissantes avait un nom pour le moins explicite : La Frappe. Premier long-métrage du comédien cannois Julien Gaspar-Oliveri, ce film âpre et sans concession se penche sur la relation entre un frère et une sœur, Enzo et Carla (les grandes révélations Diego Murgia et Romane Fringeli), qui voient leur équilibre vaciller lorsque leur père Anthony (incroyable Bastien Bouillon) réapparaît dans leur vie après plusieurs années derrière les barreaux. Si Carla refuse toute réconciliation avec celui qui l’a traumatisée au cours de son enfance, Enzo, de son côté, accepte de lui donner une nouvelle chance…
La Frappe a tout du film « coup de poing ». Privilégiant le naturalisme dans chaque détail de sa mise en scène, Julien Gaspar-Oliveri signe un long-métrage qui n’a rien d’aimable et qui vient remuer le spectateur. Et c’est justement pour cela qu’il est si réussi. Certaines scènes, certains plans restent longtemps en tête après la projection (comme cette singulière cartographie de peau humaine en ouverture du film). Au festival du film francophone d’Angoulême, où il était présenté en compétition, La Frappe vient de repartir avec deux prix dont le Valois de l’acteur pour Diego Murgia. La suite aux prochains César ? ALF
Au cinéma le 2 septembre
Réalisation et scénario : Julien Gaspar-Oliveri, avec la collaboration de Claudia Bottino et Dorothée Lachaud
Avec : Bastien Bouillon, Diego Murgia, Romane Fringeli, Carole Franck, Héloïse Volle…
Photo en Une : © Easy Tiger