Jimmy Sax, le 4 avril au Dôme Marseille
Pour une première, c’est une vraie première ! Voir un saxophoniste marseillais placardé dans toute la ville, et même affiché sur les bus de la RTM, tel un JUL du saxo, c’est franchement impressionnant. C’est en tout cas l’effet que cela nous a fait en chemin pour aller à sa rencontre… Mais au fond, qui est vraiment Jimmy Sax ?
TM : Hello Jimmy ! À quel moment tu t’es dit “Ok, ma vie va tourner autour d’un saxophone” ? Raconte-nous comment ta vie a basculé…
JM : En fait, ma vie ne bascule pas du jour au lendemain…
Je tiens un saxophone pour la première fois à 10 ans. Donc avant qu’il y ait un vrai tournant, il s’est passé une bonne quinzaine d’années. Après la musique dans la rue, j’ai joué au Louis XIII à Marseille, et petite anecdote, Thierry Balestra, le gérant de l’établissement à l’époque, est la première personne à m’avoir payé un cachet. Vers 26-27 ans, après 10 ans de galère, je décide de mélanger saxophone et musique électronique… Et c’est comme ça que je me suis fait vraiment connaître. Je rencontre Superfunk, tu te souviens du morceau Lucky Star ? Je pars à Miami pour tourner avec eux. Puis je deviens résident pour le groupe Nikki Beach, c’est une deuxième grande étape dans ma vie. Et enfin, en 2021, je compose No Man No Cry. Et là, pour le coup, tout bascule vraiment.
TM : Cette nouvelle tournée s’appelle “Toi et Moi”. On sent l’idée de revenir à quelque chose de plus intime avec le public. C’était important pour toi de recréer cette relation directe, presque en tête-à-tête avec les gens ?
JM : C’est clairement ça ! Le format d’avant, je tournais avec le symphonique de Dance Orchestra, on était une trentaine de musiciens sur scène, avec un chef d’orchestre et tout un orchestre philharmonique derrière. Une musique électronique sublimée par le symphonique ! C’était magnifique… mais aussi une vraie usine à gaz. Pour cette nouvelle tournée, j’ai eu envie de quelque chose de plus intime. D’établir un lien plus fort avec le public. Et revenir à mes racines, l’électro et le rock. Cette fois, j’arrive avec une scénographie extrêmement travaillée, signée Rainbow (Stade de France de Maître Gims). Pour moi, ce sont parmi les meilleurs scénographes, les plus talentueux. Mais au-delà de la mise en scène, ce spectacle, Toi et Moi, ce n’est pas juste un titre. C’est une expérience, un voyage. Une vraie rencontre avec le public. Il va falloir venir en baskets parce que je compte bien faire danser tout le monde. Et puis il y aura aussi des moments beaucoup plus profonds quand je me pose au piano et que je raconte des anecdotes sur ma vie, sur mes compositions… Parce que c’est toujours plus fort d’écouter une musique quand on en connaît l’histoire. Je me livre donc énormément. Je me mets à nu, vraiment.
LP : Entre toi et moi… c’est quoi l’endroit le plus improbable où tu as joué avec ton saxophone ?
JM : J’en ai vécu tellement… c’est fou. Tu ne peux même pas imaginer tout ce que j’ai fait avec ce saxo. J’ai joué debout sur une table pour Michael Jordan ! Un jour, je joue au mariage de la fille de Pat Riley, le coach mythique du Miami Heat ! Au cours d’une pause, j’entends “Jimmy ! Jimmy !” Je me retourne… et là, c’est Michael Douglas qui m’appelle par mon prénom. Il me dit : “J’adore ce que tu fais, c’est incroyable.” Là, je me dis, ok… on est où là ? (rires) Et l’anecdote délirante, c’est que quelques minutes avant, j’étais sorti fumer une cigarette et Catherine Zeta-Jones, sa femme, qui fume aussi, m’avait refusé un selfie ! cinq minutes plus tard, j’en faisais un avec son mari. Non mais je te jure… moment improbable. Et ça, c’est qu’un exemple. J’ai aussi fini en prison aux États-Unis… pour avoir joué du saxophone “illégalement”. Résultat, je suis interdit de territoire, je ne peux plus y retourner.
LP : Ah oui, mais pourquoi ?
JM : Quinze jours après la première élection de Donald Trump, je pars aux États-Unis pour jouer lors d’un événement privé. J’arrive à la douane, et là, l’agent me demande ce que je viens faire. Je lui réponds que je suis là pour l’anniversaire d’un ami. Il me montre mon sac, “Et ça, c’est quoi ?”en désignant mon saxophone. Il me dit, “OK, mets-toi sur le côté.” Et là… j’attends. Une heure et demie. Il me regarde, regarde son ordinateur, puis me regarde à nouveau. Le temps est interminable. Finalement, il me dit,
“Mentir à un agent fédéral est un crime. Est-ce que tu es Jimmy Sax ?” J’avais mes Converse “Jimmy Sax” aux pieds… Je lui réponds oui, c’est moi. Là, tout bascule. Il me dit, “On va passer à la suite. Déshabille-toi.” (“totaly Naked.”). En réalité, j’avais déjà joué plusieurs fois aux US pour des événements, mais avec un Esta, et non un visa de travail. Résultat, ils m’ont arrêté en m’expliquant qu’ils vont me renvoyer dans mon pays. Mais comme tous les vols sont déjà partis, je dois passer la nuit sur place, et là commencent 36 heures d’enfer…
LP : Comment as-tu réussi à rendre le saxophone aussi star ? Parce qu’il faut être honnête… avant toi, cet instrument n’était jamais en « seul-en-scène »… Tu l’as donc rendu hyper branché auprès d’un très large public !
JM : Malgré moi, oui. C’est un accident… un accident provoqué, recherché, mais ça reste un accident. C’est un tout, la passion, l’énergie que j’y ai mis pendant des années… Et puis, à un moment, l’alignement des planètes peut-être ? No Man No Cry a atteint 250 millions de vues sur YouTube. Et là, je me suis dit que j’avais travaillé toute ma vie pour que ce moment arrive…
LP : Si tu pouvais faire un duo incroyable, ce serait avec qui ?
JM : Julien Doré pour les Français, et les Rolling Stones ou Lenny Kravitz pour l’international.
LP : Pourquoi le public est-il toujours au rendez-vous ?
JM : Je suis un personnage haut en couleurs. Mon spectacle, c’est comme un film de deux heures que tu viens vivre, il y a des moments intimes, parfois tristes, mais aussi des instants très énergiques, très solaires. Tu vas rire, danser, peut-être même pleurer. Et surtout, tu vas voir un mec qui aime profondément ce qu’il fait, sans détour, et qui se met à nu sur scène.
LP : Et le 4 avril au Dôme de Marseille, dans quel état aimerais-tu que le public soit après ton concert ?
JM : Choqué, emballé, séduit… surtout, qu’il soit surpris. Parce qu’en réalité, tant que tu ne m’as pas vu en live, tu ne peux pas vraiment imaginer. C’est très intense ! Pendant deux heures, au saxophone, je suis en communion avec les gens, je les fais chanter, danser… Puis je passe au piano, et là je partage des moments beaucoup plus personnels. Je parle de la naissance de mes enfants, de la mort de mon père, de mon rapport à la musique électronique, au rock… à pleins de trucs. Et tout ça s’inscrit dans un spectacle pensé avec un vrai fil narratif, construit de manière très fluide, mais comme une vraie histoire…
Jimmy Sax, présente sa nouvelle tournée « Toi & Moi »
Le 4 avril au Dôme, 48 avenue de Saint-Just, Marseille 4ème
Tarifs : 39/59 € + d’infos et réservations
Lien de réservations PMR : en cliquant ici