Jeremy Hababou, le piano sans révérence à Aix en Provence le 25 novembre
Pianiste, compositeur et arrangeur, Jeremy Hababou navigue entre jazz, musique classique et composition pour le cinéma. Avec sa tournée Unorthodox Pianist, sorte de one-man-show du piano, il propose une expérience musicale très originale, mêlant virtuosité, humour et réinterprétations inattendues. Des grands compositeurs classiques aux figures de la variété, Jeremy bouscule les codes et surtout, désacralise les œuvres avec une liberté réjouissante. Une approche décalée qui interroge notre rapport à la musique, entre exigence artistique, émotion et autodérision.
Il sera à Aix-en-Provence le 25 novembre prochain, superbe occasion de découvrir cet interprète surdoué. PHA
TM : Quand le piano est-il devenu un terrain de jeu pour l’humour ?
JH : J’aime revenir à l’absurdité de notre existence, tout en faisant le lien avec l’état d’esprit des compositeurs. On les imagine souvent austères, alors que beaucoup aimaient s’amuser, provoquer et renverser les choses. Mozart ou Liszt, par exemple, appréciaient les joutes au piano. En étudiant leur vie et leur musique, on découvre des personnalités pleines d’humour. J’avais envie de mettre cet aspect en avant sur scène et de montrer que la musique peut aussi être un jeu.
TM : Souhaitez-vous toucher un public interactif ?
JH : Je souhaite toucher tous ceux qui aiment la musique, des plus petits aux plus grands, quels que soient leurs goûts. Le spectacle mêle différents styles, avec une place importante accordée au jazz et au classique. J’aimerais aussi attirer des personnes curieuses, qui n’ont pas forcément l’habitude d’écouter un pianiste seul sur scène. Au-delà de la musique, je trouve magique que des personnes différentes se retrouvent dans une même salle et se sentent proches. Dans un monde marqué par les divisions, j’aimerais rappeler ce qui nous rassemble, nos émotions communes. La musique permet de nous reconnecter à ce que nous partageons.
TM : Vos inspirations et vos créations s’enchaînent-elles facilement ?
JH : J’essaie de m’imprégner quotidiennement des grandes œuvres, qu’il s’agisse de musique, de poésie, de littérature ou de peinture. Cela me permet de voir le monde avec davantage de nuances. Mes voyages, mes rencontres et mon travail sur scène nourrissent également mon inspiration.
Je note les idées qui me viennent et j’enregistre les mélodies sur mon téléphone. Les rencontres humaines sont essentielles, en tournée, j’aime découvrir les histoires des personnes que je croise. Certaines rencontres inattendues me font réfléchir et me donnent parfois envie de raconter leurs histoires à mon tour.
TM : Quel est votre meilleur souvenir sur scène ?
JH : J’ai du mal à en choisir un, car chaque spectacle est particulier. Ce sont souvent les réactions du public qui rendent ces moments mémorables, les gens qui rient, pleurent ou prennent spontanément la parole.
Certains spectateurs vont même jusqu’à crier mon nom, comme à un concert de rock ! Je trouve ça très drôle (rire). Il y a tellement de réactions différentes que je serais incapable d’en retenir une seule.
TM : Votre goût pour l’improvisation vous vient-il du jazz ?
JH : Oui, tout à fait. L’improvisation est très présente dans le jazz, que j’ai commencé à pratiquer après avoir abandonné le piano classique pendant mon enfance. Je n’ai cependant jamais renié la musique classique, que j’étudie encore aujourd’hui. C’est grâce à un professeur passionnant que j’ai renoué avec elle, il a profondément changé ma manière d’appréhender la musique, mais aussi de créer et de trouver l’inspiration. Aujourd’hui, je ne cloisonne plus les styles. Je me suis même mis à prendre des cours d’improvisation classique !
Le 25 novembre à 20h30 au Pasino Grand d’Aix-en-Provence
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© Photo en Une : Julien Benhamou