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Gérald Passédat, des étoiles à la culture…

Avec l’ouverture du Môle Passédat au MuCEM, notre chef étoilé sacralise son amour immodéré pour Marseille et la Méditerranée. Des étoiles à la culture, il n’y a finalement qu’un pas. L’adéquation de son talent au projet culturel du MuCEM est juste une évidence.

ToutMa : Que signifie « Marseille Capitale Européenne de la Culture » lorsqu’on est le seul chef 3 étoiles de la ville ?

Gérald Passédat : Avant d’être chef 3 étoiles, je suis Marseillais et j’aime profondément cette ville. J’espère que le grand public portera un regard nouveau sur Marseille, un regard que l’on porte aisément sur une métropole. En tant que chef, cette année doit être un élan fabuleux pour notre territoire culinaire, pour une nouvelle génération de chefs talentueux que le public doit découvrir. Voilà pourquoi j’ai créé l’association Gourméditerranée afin de valoriser la cuisine marseillaise et provençale, la culture de la cuisine méditerranéenne et le régime crétois qui est si bénéfique !

 

TM : « Gastronomie & Culture » font-elles bon ménage ? on te sait adepte du Fooding, du Street art, du Rock… mais aussi de la Nature avec un grand N. Décris-nous ta vision d’une telle fusion.

GP : Dans ma cuisine, je cultive l’art du contrepoint pour balancer les saveurs, trouver l’équilibre sur le fil de mes plats. J’aime le rythme et les contrastes. La tension entre l’aridité de l’arrière pays et la profusion des abysses maritimes.
La gastronomie fait partie intégrante de notre culture, il n’y a pas de contradiction entre les deux. Comme pour toute autre forme de culture, la gastronomie nécessite de la créativité, de la sensibilité, d’être à fleur de peau sans cesse. Je suis un épicurien, j’aime ce qui est bien, beau et bon pour mon esprit, mes papilles, mes yeux et mes oreilles. La rugosité comme l’esthétisme me ravissent.

 

TM : Est-ce une obligation pour un chef triplement étoilé de se diversifier économiquement ?

GP : Je ne sais pas si c’est une obligation mais c’est certainement une option. Pour le MuCEM, c’est une volonté de rendre Marseille gastronomique auprès du grand public, de créer un élan pour la reconnaissance de ce territoire culinaire et tous les acteurs économiques qui le défendent.

 

TM : Pourquoi est-ce le chef Passédat qui a été choisi au MuCEM ?

GP : J’ai répondu à l’appel d’offre en cohérence avec le projet du Mucem et pas de manière purement commerciale. Je suis heureux que mon projet ait été retenu.

 

TM : Quelle est ta définition du Môle ? Comment l’idée même de cette entité est-elle apparue ?

GP : Le Môle Passédat est dévolu à un voyage gustatif autour de la Méditerranée. Mon envie est de faire découvrir au public les saveurs méditerranéennes et que cette découverte fasse écho aux thématiques du lieu.

 

TM : Mais concrètement, Le Môle Passédat c’est quoi ?

GP : Un restaurant panoramique où la cuisine est largement ouverte sur la salle, pour partager le plaisir de cuisiner mais aussi une restauration plus rapide, dans l’esprit des mezzes, au sein du J4, un café-restaurant ouvert sur le port, dans le cadre unique du fort Saint-Jean et une école de cuisine, en symbiose avec le potager de 500m2 du fort Saint-Jean.

 

TM : Le MuCEM est fortement attaché à l’image de MP 2013 pourtant, on sait qu’il entre dans l’histoire de Marseille. Le Môle Passédat est-il éphémère ou bien destiné également à la pérennité ?

GP : Bien évidemment, je souhaite qu’il soit pérenne, il s’agit d’un môle d’aventuriers du goût. Tout reste à découvrir, je vais inviter des cuisiniers, des producteurs des rivages méditerranéens pour échanger, partager et offrir une nouvelle palette de saveurs.

 

TM : Comment gérer les 2 entités ? Quelles capacités d’ubiquité as-tu ? On imagine aisément que l’évènement MP 2013 soit salutaire à la fréquentation du Petit Nice…

GP : Le Môle Passédat me permet de proposer une cuisine radicalement différente de celle du Petit Nice, et c’est un exercice très enrichissant pour un chef cuisinier.
Au Petit Nice, la cuisine est fondée sur un lieu de vie, mon potager marin avec des poissons que l’on trouve ici et nulle part ailleurs. Les 65 espèces de poissons sont pêchées face au restaurant tout au long de l’année.
Au Môle, la cuisine s’ouvre sur un horizon beaucoup plus large, une cuisine populaire que l’on partage autour d’une grande table d’hôtes.

 

TM : L’après 2013, cela devrait ressembler à quoi ? Tes espoirs les plus fous ?

GP : Que Marseille ait une place décente au sein de la Méditerranée et de l’Europe, qu’elle retrouve sa prospérité et sa richesse culturelle d’antan. En somme que son énergie aille dans le bon sens afin de donner à nos enfants l’envie de s’établir ici…

 

Môle Passédat/ MuCEM

Deux accès possibles :
– Esplanade du J4 du MuCEM,
1 esplanade du J4, Marseille 2ème

– Parvis de l’église Saint-Laurent,
Esplanade de la Tourette, Marseille 2ème

 

Petit Nice Passédat
Anse de Maldormé
Corniche J.F. Kennedy, Marseille 7ème
_04 91 592 592
www.passedat.fr

 

 

Photos _ Emmanuel Bournot