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GAINSB’ART, du 9 au 24 décembre

Il est rare qu’un physique aussi atypique que celui de Serge Gainsbourg devienne une sorte d’icône pop. Mais il faut dire que le chanteur, formé aux arts plastiques et grand amateur d’art, a lui-même beaucoup joué de son image de son vivant, se maquillant sur la pochette de Love on the beat ou encore s’identifiant à la sculpture de Claude Lalanne, L’Homme à la tête de chou, dans laquelle il voyait son reflet et qui lui a inspiré son album éponyme. On a commémoré cette année le trentième anniversaire de la mort de l’artiste, non sans une bonne dose de polémiques, qui ont charrié derrière elles quelques questions pertinentes mais aussi beaucoup d’ignorance. Si de nos jours on célèbre l’inventivité des chanteurs qui se créent des personnages, on a toujours du mal à appréhender la démarche de ceux qui l’ont fait dès les années 1980. Identification ou distance ? Provocation ou complaisance ? C’est bien pour échapper à cette binarité délétère qu’il est intéressant de se pencher sur le projet « Gainsb’Art » présenté à la galerie David Pluskwa. Un projet commencé en 1985 avec les portraits de Gainsbourg de Roberto Battistini, que plasticiens, sculpteurs, street artistes et designers ont détournés, réinterprétés et, en un mot, transfigurés. Des artistes comme Skunkdog, JonOne, Catherine Ikam, Rose Madone ou encore Tanc remettent ainsi Gainsbarre à sa juste place, celle d’un personnage de la pop culture, barbe de trois jours dans un halo de fumée de cigarette, sans chercher à juger les turpitudes de son créateur.

GALERIE DAVID PLUSKWA
53 rue Grignan, Marseille 6e
galerie-pluskwa.com