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Entretien avec Richard Bohringer

Les baobabs ne poussent pas en hiver

C’est le titre du premier long métrage d’Henri Henriol, un Marseillais d’origine sénégalaise. Malgré les nombreuses difficultés rencontrées par le jeune réalisateur, ce film au grand cœur est enfin terminé. Il a reçu le soutien du Ministre de la Culture du Sénégal mais surtout celui de Youssou N’Dour qui a cédé les droits de quelques unes de ses chansons. Richard Bohringer y interprète un européen qui veut s’intégrer à la culture sénégalaise.

ToutMa : Qu’est-ce qui vous a attiré chez Henri Henriol pour adhérer à son projet de film ?
Richard Bohringer : C’est l’homme qui m’a d’abord touché. Il est très gentil, très humain, doux et tendre. Pour le reste, c’est son film, sa vision de l’Afrique. J’ai boosté Henri à ma façon. Cet homme est un affectif. Je voudrais qu’il aille au bout de ce qu’il a commencé. J’ai pris beaucoup de plaisir à être à ses côtés.

TM : Vous êtes né sous l’occupation, d’une mère Française et d’un père Allemand. Depuis 2002, vous avez la nationalité franco-sénégalaise. Ne seriez-vous pas le plus beau métissage du cinéma français ?
RB : Je ne sais pas mais je suis un peu de partout. J’ai tellement appris de tous ces pays africains. Leur culture fait vraiment partie de moi. Que ce soit le Sahel, le Maroc, le Sénégal, je le ressens dans mes veines. Je dois certainement avoir un ancêtre Africain. C’est sûrement pour ca que le film d’Henri m’a plu.

TM : Cela fait longtemps que l’on n’a plus entendu Richard Bohringer chanteur, vous laisseriez-vous tenter par une autre aventure musicale ?
RB : Pour l’instant je parcours la France. Je fais de la tradition orale. Je vais de ville en ville et à la nuit tombée, je deviens un griot qui transmet les témoignages qu’il a reçus des peuples sur leur passé.

TM : Parlons-en… C’est toujours beau une ville la nuit ?
RB : ça l’est un peu moins. Il y a toujours des moments étonnants, des lumières grisantes… Malheureusement, la nuit peut aussi être une tragédie, particulièrement pour les femmes. Je suis toujours étonné d’entendre ma fille Romane me dire quel bonheur elle a ressenti à jouer dans ce film. Il a été mieux compris dans des pays africains comme le Bénin où l’on fait des films avec des caméras cassées ou au Maroc qui m’a offert 2 récompenses pour « C’est beau une ville la nuit ». Ils l’ont surtout mieux compris que quiconque…

 

Le film été visionné au festival panafricain et est en quête d’un distributeur…