David Aït Ali, « face to faces »
Inspiré par le FOAM d’Amsterdam (musée de la photographie), L’entrepreneur a imaginé FACES un lieu où l’on se nourrit autant de culture que de café, où l’on peut travailler autour d’une grande tablée ou encore partager un dîner privé. Quand l’artiste, l’esthète et l’entrepreneur se rencontrent autour d’un arabica…
À Endoume, où il a grandi, les rues semblent déjà une succession d’images instantanées, fixées sur papier glacé. Alors, même lorsque sa carrière l’a mené à Paris, David Aït Ali a gardé Marseille comme point de repère, en plein dans sa ligne de mire. C’est en 2016, avec Nicolas Boccaccio, qu’il a posé la première pierre de sa success strory, en fondant Rébellion, une agence de communication hyper visuelle née sur les réseaux sociaux et devenue depuis une structure à 360°, mêlant stratégie, branding et événementiel. Aujourd’hui, l’agence (qui se partage entre Marseille et Paris) accompagne de grands groupes comme BMW, LVMH, Decathlon, Toyota, Ricard ou encore l’Aéroport Marseille Provence.
Bouillonnant d’idées, lorsque David rentre à Marseille il y a huit ans de ça, il transforme l’étape locale en véritable projet. Il imagine ALT, coworking créatif à taille humaine, au décor brut, loin des « cages à poules » habituelles. Architectes, desi- gners et marques émergentes y installent leurs quartiers dans une joyeux effervescence entrepreneuriale. Rébellion occupe le deuxième étage de l’immeuble : une évidence pour un entrepreneur qui aime s’entourer d’esprits créatifs.
Mais le projet le plus personnel de David, c’est Faces. Ouverte il y a deux ans avec Guillaume Berthault, cette galerie-café nous offre la synthèse de ses différentes aspirations : un lieu dédié à l’image, avec pour colonne vertébrale le sens de l’échange, de la convivialité et de l’émulation. Et quel meilleur point de chute que Marseille pour créer un immeuble entièrement dédié à la photographie ? En France, peu de villes ont une identité visuelle aussi forte que la cité phocéenne. Le terrain était Edonc tout trouvé.


Et qu’on ne s’y trompe pas, Faces, ce n’est pas juste un café branché avec des cimaises en prime, parce qu’il fallait bien habiller les murs. Non. Au contraire, sa program- mation est ultra-pointue. On a notamment pu y découvrir les œuvres de Guillaume Blot, Mous Lamrabat, Jonathan Bertin, Letizia Le Fur, Charlotte Lapalus ou encore d’Aurélien Ciller. Et parce que le sens entrepreneurial de David est toujours à l’affût, c’est en partenariat avec WePresent (la plateforme culturelle de WeTransfer) que six expositions y seront co-curatées d’ici fin 2026. L’objectif ? Faire rayonner Marseille tout en invitant des regards venus d’ailleurs, du Maroc à Athènes, mais aussi faire voyager la galerie hors de ses murs, jusqu’à Londres ou encore au Festival de Cannes : « C’est important pour moi de faire rayonner la ville, nous explique David, mais aussi d’y faire venir des artistes que les Marseillais n’ont pas l’habitude de voir. L’idée est de créer une ambiance plus vivante, moins muséale. La collaboration avec WePresent s’est imposée naturellement : leur curation nous ressemble. Ce sont des artistes que nous soutenions déjà et qui nous plaisaient sincèrement. »
Conçu comme un espace hybride, Faces est exigeant sur tous les fronts. Les produits que l’on y consomme sont donc sourcés avec soin. Et comme on parle de se fournir à la source, dès avril, la galerie proposera également des cours de photographie avec Victoire Eouzan, de quoi nourrir des vocations. Avec son sens à la fois du business et de l’expérience totale, David a aussi mis en place un système d’abonnement mensuel offrant aux membres de son club un accès privilégié au rooftop et à plusieurs exclusivités. Une formule qui devrait faire des émules et dont on s’interroge sur la transposabilité. Pourquoi ne pas ouvrir d’autres Faces un peu partout dans le monde ? En tout cas, le cadre est posé !
FACES, 232 rue d’Endoume, Marseille 7e
Instagram : @faces_galerie – www.faces-marseille.com
ALT, 55 rue Marignan, Marseille 7e
www.alt-marseille.fr
© Photos : Victoire Eouzan