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Club Shellac

Ça fait des mois qu’on binge ad nauseam sur les plateformes de streaming des géants du numérique. Oh, certes, ils ont bien rempli leur rôle, à la manière d’un objet transitionnel en période de crise, mais ils nous ont un peu vite fait oublier, malgré quelques pépites dans leurs catalogues, ce qu’est le cinéma d’art et d’essai. Il en va des circuits de diffusion physiques comme de ceux du numérique : c’est toujours le blockbuster qui se fait la part du lion… à moins que…

Depuis le 15 janvier dernier, le Club Shellac propose aux cinéphiles un abonnement de VOD ultra sélectif. Exeunt (c’est exit au pluriel, prenez des notes) les grilles interminables des Netflix et autres Amazon dans lesquelles on peine à choisir entre une série vue mille fois (coucou Friends) et un long métrage calibré par un algorithme (on ne dénonce personne, mais vous savez de quoi on parle…). Place à un cinéma d’auteur et à un catalogue raisonné dans lequel seule la qualité a droit de cité :  le Club Shellac c’est 12 nouveaux films par mois (3 chaque semaine, sur le principe d’un bouquet hebdomadaire), mêlant références indiscutables, habituées à faire le tour des festivals (Miguel Gomes, Antonin Peretjatko, Emmanuel Mouret…) et curiosités inédites, qui peinent trop souvent à se faire une place en salle. Il faut dire qu’avec cette sélection pointue, on ne se saoule pas de 7e art, on s’enivre et on s’élève. 

Quelques titres de bouquets hebdomadaires pour se mettre l’eau à la bouche : « C’est l’apocalypse, bébé ! » (La Fille du 14 juillet, d’Antonin Peretjatko [2013], Gaz de France, de Benoit Forgeard [2015], Apnée, de Jean-Christophe Meurisse [2016]) ; « L’obscure clarté de Philippe Grandrieux » (Sombre [1998], Un lac [2008], Malgré la nuit [2015]) ; ou encore « Marseille, vieille dame indigne » (Lettre à la prison, de Marc Scialom [1969], L’Heure exquise, de René Allio [1981] Marseille, d’Angela Schanelec [2004]).

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