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Béatrice DESGRANGES, fondatrice du génial Festival Marsatac !

En vingt-cinq ans, Béatrice Desgranges, fondatrice et directrice de Marsatac, a mis en place un véritable écosystème citoyen. À chaque édition, le festival innove et veille à réduire son impact environnemental, tout en poursuivant les objectifs d’une direction artistique avant-gardiste : décloisonner les genres et offrir aux spectateurs un panorama des musiques électroniques, hip-hop et « indé » le plus large possible. Artistes confirmés et émergents partagent l’affiche qui, cette année, sera emmenée par Aya Nakamura ! Une année qui augure une fréquentation record, détenue jusque-là par les éditions 2018 et 2022, qui avaient déjà réuni 40 000 festivaliers.

ToutMa : Quel a été le moteur de la création du festival il y a vingt-cinq ans ?
Béatrice Desgranges : C’est parti d’une envie du public et ce public, c’était d’abord nous ! On souhaitait créer un festival qui nous ressemble, que l’on avait envie de fréquenter, qui défende des styles musicaux qui nous étaient chers, à savoir le hip-hop et la musique électronique… et comme il n’y avait pas d’équivalent à l’époque sur le territoire marseillais, nous l’avons créé !

TM : Quels sont les valeurs et les engagements de l’association Orane, qui porte le festival ?
BD : Tout d’ abord, le soutien à l’ émergence. Nous avons toujours été un tremplin et un lieu de mise en valeur des compétences du territoire, à travers les artistes que l’on accompagne, mais aussi à travers les graphistes, les webmasters, les bénévoles et les stagiaires d’hier devenus des professionnels de nos métiers de l’événementiel. On a vraiment foi dans les talents de cette jeunesse ! Il y a aussi la question de la responsabilité. Notre ancrage local est fort et le nom même du festival le revendique ; mais nous voulons aussi être fiers de nos actions : d’où l’importance que nous donnons au respect de l’environnement et à l’impact environnemental de la manifestation.

Dès 2008, Marsatac s’est engagé dans une politique proactive du développement durable. Il est pionnier dans le développement d’un mode de fonctionnement écoresponsable sur le territoire, avec un premier bilan carbone évalué dès 2009 qui nous a permis de structurer notre action, de veiller à être plus responsables dans la gestion des déchets, du recyclage, dans notre politique en matière de transport et de sécurité (la consommation d’alcool, les nuisances sonores ou encore la prévention et la lutte contre les violences sexuelles et sexistes).

Une autre valeur importante est celle de la transmission. Il s’agit de partager nos savoir-faire et nos expériences auprès de ceux qui en ont besoin. Tout un dispositif a ainsi été mis en place, avec des parcours de formations professionnelles, des interventions dans les écoles ou la sensibilisation aux métiers de la production auprès des collégiens avec Marsatac School.

L’association porte enfin des valeurs de créativité : être à l’affût des nouveautés, des nouvelles pratiques liées aux nouvelles technologies, de nouvelles expériences dont notre public est friand (la moyenne d’âge étant de 25 ans). Cela va de la scénographie, aux créations d’art numériques jusqu’à l’appli Safer que Marsatac a initiée en 2021 et qui est a déjà été adoptée en 2022 par 70 festivals.

TM : Quels sont les enjeux cette année ?
BD : Sans doute retrouver un souffle pour continuer à produire, alors que nous sommes sortis de la crise sanitaire et de ses dispositifs d’aide, mais que le contexte économique est porté cette année par l’inflation, qui suscite des contraintes et des tensions dans un cadre de production, avec de lourdes charges. Et pour les festivaliers, rester attractifs et innovants.

TM : Quelles sont les compétences de Marsatac Agency, créée en 2021 ?
BD : C’est une agence de développement artistique. Nous sommes partis de l’envie d’aller plus loin dans le soutien aux artistes en émergence sur le territoire. Nous leur apportons nos compétences en matière de management, de production et de booking, et nous comptons déjà dix artistes, dont Achim, notre dernier talent originaire de La Castellane, repéré l’an dernier sur le festival via le collectif La Frappe (dispositif de repérage d’artistes en devenir).

TM : Aya Nakamura à Marsatac, un vrai tour de force ?
BD : Nous suivons l’artiste depuis ses débuts. Sa présence et la puissance qu’elle dégage en tant que femme et artiste nous ont toujours bluffés. Cette année, elle a tout de suite été partante et nous en sommes très fiers. Son parcours, sa personnalité… C’est un modèle qui parle à plusieurs générations de femmes à la fois.

TM : Marsatac est aussi engagé sur le plan associatif…
BD : Notre engagement est aussi citoyen. Depuis plusieurs années nous sommes partenaires d’associations comme Les Petits Frères des pauvres, qui lutte contre l’isolement et la solitude des personnes âgées, La Cloche, qui agit contre l’exclusion des personnes en situation de précarité, et Solidarité Femmes 13, qui accompagne les femmes et enfants victimes de violences conjugales ou sexuelles. Pour la seconde année consécutive, Marsatac doublera les dons faits par les festivaliers à destination de ces associations solidaires partenaires lors de l’achat de leurs billets. Ces associations auront un stand durant le festival afin de sensibiliser et de recruter des bénévoles.

MARSATAC
Les 17, 18 et 19 juin
Parc Borely, Marseille 8e
marsatac.com
marsatac.agency