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AXEL CHAY, design haut en couleur

Un style unique, rond et coloré, une joie de vivre communicative et un accent dopé au soleil méditerranéen : nous rencontrons Axel Chay, l’un des designers de la scène contemporaine les plus prometteurs de ces dernières années.

Cet hiver, après avoir posé ses créations chez Jogging, dans la Cité Phocéenne, il est invité par le géant hexagonal Monoprix à réaliser une collaboration inédite, qui fait la part belle à des objets à la simplicité touchante et au dessin aussi original que chaleureux. Entretien sous le signe de la spontanéité avec la pépite sudiste du design français, à l’aube du lancement national de sa collection à Marseille, au Château Promicéa.

Originaire de Nîmes et issu d’une famille d’artisans, Axel Chay est un autodidacte du design à la vocation… tardive : « J’ai toujours aimé le design et les belles choses… mais je n’étais pas passionné, plus jeune ». Ainsi, à mille lieues du domaine artistique, il se lance d’abord en école de commerce. Son MBA en poche, la tradition familiale le rattrape : les sculptures de métal de son frère Aimeric inspirent la création d’un premier studio de design, Nova Obiecta, co-fondé avec son ami Marouane Fadki. Ils officieront pendant sept ans, avant qu’Axel ne nourrisse le besoin d’un élan en solo : « D’être à deux, c’est plus rassurant, mais tu n’es pas complètement libre. Au fil du temps, le dessin change : je voulais des courbes, faire des lampes… Aussi, on faisait des objets très chers : ça me frustrait quand mes amis me disaient que c’était beau… mais trop cher ». Il crée alors son studio éponyme en 2020. Là, il affine sa philosophie du design et développe, dans une myriade de couleurs, sa signature distinctive : des rondeurs rétrofuturistes, des formes limpides, tubulaires et un esprit décalé.

« Je veux me faire plaisir et faire plaisir : apporter du bonheur aux gens avec mes objets », nous confie-t-il. En trois ans, le style Chay s’impose sur la scène contemporaine et ses collaborations avec de grandes marques s’enchaînent. Il présente même ses pièces en galeries, de Turin à Paris, en passant par New York.

En ce mois de février, il associe donc son nom à Monoprix. Mais, comment se retrouve-t-on à travailler avec une enseigne d’une telle ampleur ? « Ils m’ont envoyé un mail un jour… et je les ai appelés 5 minutes après pour leur dire « Je suis chaud ! » », explique-t-il, rieur. La collection d’Axel Chay condense ses obsessions (les couleurs, les courbes), tout en explorant de nouvelles formes et matières comme la céramique et le verre fumé : « J’ai eu envie de travailler des petits objets, de l’art de la table, pour faire des choses encore plus abordables. J’avais une vraie liberté de création : j’ai pu explorer des matériaux vers lesquels je ne serais pas allé sinon ». Et l’on pourra donc explorer, à notre tour, cette collection hautement désirable dès le 7 février dans les enseignes Monoprix.

Histoire de conclure notre entretien sur une note aussi joyeuse et décalée que le designer, nous avions trois dernières questions pour Axel. Quel objet rêve-t-il encore de dessiner ? « Un balai à chiotte ! », répond-il aussitôt dans un rire… mais très sérieux. À quelle couleur pourrait-il restreindre sa palette pour toujours ? « Aucune ! »… Là, on s’en doutait un peu. Enfin, quelle personnalité aimerait-il inviter à prendre un café ? « Wes Anderson. Il doit être marrant ! Et il est très fort ».

Un humour décalé, un univers élégamment bariolé, de la rigueur tout en se faisant plaisir et une envie irrépressible de partager sa joie de vivre : les secrets de la « recette Axel Chay » promettent un bel avenir au designer, que l’on se fera un plaisir, justement, de suivre de près.

axelchay.com