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Tina Arena au Silo le 21 octobre 2026

Après quinze ans d’absence sur les scènes françaises, Tina Arena revient en grande pompe pour célébrer ses cinquante ans de carrière. Entre une tournée, un EP qui sortira le 16 octobre et un documentaire retraçant son parcours, la plus française des chanteuses australiennes se confie à ToutMa sur son retour, sa liberté et ses racines italiennes.  

ToutMa : Vous repartez sur scène à travers la France pour célébrer vos cinquante ans de carrière. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur ce parcours ? 
Tina Arena : Je me demande encore comment j’ai réussi à vivre cinquante ans dans ce métier. J’en suis presque étonnée ! C’est une très belle réussite et j’en suis fière. La vie d’un artiste est beaucoup plus compliquée que ce que les gens imaginent. Comme je suis autrice-compositrice, j’ai eu la chance de transformer ce que je vivais en chansons. Ça m’a permis de tenir le coup et de trouver ma place dans un milieu qui n’est pas toujours facile. 

TM : Vous allez retrouver le public français après quinze ans d’absence. Ressentez-vous une émotion particulière ? 
TA : J’ai tellement hâte ! Retrouver les gens, raconter des anecdotes, rigoler avec eux… C’est l’un des aspects que je préfère dans ce métier. Malgré toutes ces années, j’ai continué à recevoir énormément d’amour. Il existe une véritable connexion avec mon public français. Ça va être magique. 

TM : Vous avez commencé à seulement sept ans. Est-ce qu’être exposée aussi jeune vous a parfois pesé ? 
TA : Aujourd’hui, ce milieu n’est plus fait pour les enfants. Quand j’ai commencé, c’était un univers plus innocent, plus honnête. Les choses ont beaucoup changé. J’ai eu énormément de chance d’avoir derrière moi une famille italienne très solide. L’amour et le soutien que j’ai reçus m’ont portée pendant toutes ces années. 

TM : Après votre duo avec Marc Anthony [« I want to spend my lifetime loving you », ndrl], c’est « Aller plus haut » qui vous révèle au grand public français. À votre arrivée, comment avez-vous vécu cette adaptation à la France ? 
TA : C’était compliqué, mais aussi très excitant. Travailler dans un autre pays, découvrir une autre culture, une autre langue, une autre façon de faire de la musique, c’était une véritable révélation. J’ai toujours eu besoin d’être stimulée intellectuellement. Je n’ai jamais eu peur d’échouer. Dans la vie, il faut oser. Si on reste paralysé par la peur, on n’évolue jamais. Je pense que cette manière d’aborder les choses m’a beaucoup aidée. 

TM : Après quinze années de succès dans l’Hexagone, vous avez choisi de repartir vivre en Australie. Pourquoi ? 
TA : J’avais besoin de retrouver ma famille. Mes parents sont âgés : mon père approche des 95 ans et ma mère a plus de 90 ans. C’était tout simplement le moment de rentrer auprès d’eux. 

TM : Vous êtes d’origine sicilienne. Qu’avez-vous gardé de cette culture ? 
TA : Je suis profondément italienne ! Je ne suis pas née en Italie, mais c’est ma première langue. Je ne parlais pas anglais avant d’entrer à l’école maternelle. Je suis quelqu’un de très franc. Je n’ai pas de patience pour les faux-semblants. Je ne sais pas tricher, ça me rend malheureuse. J’ai besoin d’être moi-même. Jouer un rôle qui ne correspond pas à la personne que je suis, ce n’est pas possible. L’honnêteté est essentielle pour moi. 

TM : Est-ce que cette franchise vous a parfois desservie dans un milieu où l’hypocrisie est monnaie courante ? 
TA : Bien sûr. Comme tout le monde, j’ai connu l’hypocrisie, les trahisons… Elles existent partout. Il faut être prêt à tout. 

TM : Vous serez notamment de passage à Marseille. Quel lien entretenez-vous avec cette ville ? 
TA : Marseille a été l’une des premières villes françaises que j’ai découvertes et je l’ai toujours aimée. C’est une ville magnifique, mais surtout une ville de métissage. On y retrouve les cultures d’Europe du Sud, la communauté arabe… C’est ce mélange qui la rend si belle. Les Marseillais sont fiers de leurs racines et j’aime énormément cette énergie. 

TM : Finalement, votre plus grande victoire est-elle d’avoir réussi à être libre ? 
TA : Oh yes ! Ma plus grande réussite, c’est la liberté. Mais la liberté coûte très cher. J’ai beaucoup donné pendant toutes ces années. J’ai énormément travaillé. Je suis fille d’immigrés, et beaucoup d’enfants d’immigrés grandissent avec cette culture de l’effort. Aujourd’hui, je peux dire : I’m free. I’m happy. Je fais ce que j’ai envie de faire parce que j’en ai envie. C’est ça, mon succès. Et pour ce cadeau, je remercie la vie. 

Paola Dicelli  

Son Actu : 
21 octobre : Cepac Silo — Marseille 
24 octobre : Salle Pleyel — Paris 
Un EP : Way of the World, sortie le 16 octobre  
Un documentaire : Unravel Me, projection exceptionnelle le 20 octobre 2026 à au Publicis Champs Elysées (Paris, 8e).