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Journée internationale des droits des femmes, 8 mars 2024 

En France, on n’a peut-être pas de pétrole, mais on a une constitution qui garantit la liberté d’avorter et on est porté à croire que ça a davantage de valeur. Pour les taiseux au fond de la salle, contre le radiateur, on le rappelle, la dépénalisation de l’IVG, c’est 1975 (soit un an après la tristement célèbre publicité gouvernementale sur le pétrole, comme quoi, on avait vraiment « des idées » !). Ça paraît peut-être évident, mais quand on voit ces derniers jours les réactions de nombreux oublieux, manifestement bloqués dans les années 1950, ça vaut le coup de le rappeler. L’avortement était déjà légal depuis belle lurette, mais la constitutionnalisation de la loi Veil accorde une protection supérieure à une liberté fondamentale, objet d’un long combat qui a connu plusieurs étapes majeures. On pense notamment à la loi de 2022 garantissant un meilleur accès à l’IVG, parce qu’avoir un droit sans la possibilité de le faire appliquer, c’est un peu dommage… La notion de liberté fondamentale est donc l’aboutissement d’un parcours légal de longue haleine dont on espère qu’il est le point final, une liberté constitutionnelle étant plus difficile à déboulonner qu’une simple loi.  

Alors prenons le temps de nous réjouir, de penser aux pionnières qui nous ont ouvert le chemin et de célébrer cette belle avancée ensemble, le militantisme féministe s’étant toujours accompagné d’un fort penchant pour la fête. Une réalité sociologique particulièrement vivace à Marseille, comme le montre le livre de Margaux Mazellier, Marseille trop puissante, dont on vous parlera d’ailleurs dans le prochain numéro de ToutMa ! 

Au programme des réjouissances de la journée : 

  • De 14h à 18h, sur le Vieux-Port, l’inter orga M8M organise une zone d’occupation féministe avec stands d’informations, ateliers, jeux et moments d’échanges. 
  • 20h à La Ciotat, à Aix-en-Provence et à Port-Saint-Louis-du-Rhône, on se fait une toile dans le cadre des rencontres cinématographiques Femmes en mouvement, qui explorent la thématique des trajectoires d’émancipation des femmes dans la société. Ce sera l’occasion, si vous l’avez manqué, de voir L’Amour et les fôrets de Valérie Donzelli, lauréat cette année du César de la meilleure adaptation. Un drame glaçant mais brillant sur les mécaniques implacables de l’emprise avec Virginie Efira et Melville Poupaud. Le festival se poursuit jusqu’au 11 mars, intégrant aussi Marseille, Martigues et Port-de-Bouc à sa programmation itinérante. 
  • Toute la journée, vous pouvez aussi flâner sur le parvis de l’hôtel de ville, qui organise une expo photo dédiée aux marseillaises et au sport, #Jesuislegitime, ou bien au CMA Estaque Riaux (16e), toujours pour une exposition de photographies, mettant en scènes portraits de femmes et autres images d’archives. 

Enfin, toute l’année, pour militer ou se faire accompagner dans ses droits, on n’oublie pas le très actif Planning familial des Boûches du Rhône