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Guillaume Gouix sur tous les fronts !

ToutMa avait déjà salué son talent et sa performance dans La French. Cette rentrée, Guillaume Gouix a déjà trois films à l’écran (La Vie en grand, Les Rois du monde et Enragés), la diffusion sur Canal+ de la seconde saison tant attendue des Revenants et il est bientôt à l’affiche du nouveau film d’Elie Wajeman, Les Anarchistes (sortie le 11 novembre) et de Braqueurs (sortie en janvier 2016). Il a pris l’habitude de camper des personnages forts et éclectiques mais l’acteur s’est aussi fait remarquer en tant que scénariste et réalisateur. Mademoiselle, son deuxième court métrage sélectionné à la Mostra de Venise en 2014 est cette année en compétition au Festival International du Film de Saint-Jean-de-Luz. En pleine période de promotion, Guillaume est également sur l’écriture d’un long métrage qu’il tournerait à Marseille, sa ville natale. 2015 est aussi pour lui l’année d’un nouveau rôle, celui de parent, rôle qu’il partage avec Alysson Paradis, sa compagne. Du grand bonheur quoi !

ToutMa : Comment vivez-vous cette rentrée trépidante et comment expliquez-vous cette accélération ?

Guillaume Gouix : Je la vis assez bien, une chose après l’autre. Je ne sais pas si c’est vraiment une accélération, l’an dernier beaucoup de projets m’ont plu, chacun très différent, donc j’ai pas mal tourné. Je ne me pose pas trop de questions pour savoir si ma carrière accélère ou pas, je préfère me concentrer sur mon travail.

TM : Entre les deux saisons des Revenants, l’avant-garde du cinéma français, assez bien représentée dans le casting de la saison 1, a explosé, à commencer par vous. La série a-t-elle contribué à cette mise en lumière ?

GG : C’est vrai… les acteurs ont beaucoup travaillé et peut-être que la série a aidé. Mais juste avant que la première saison ne soit tournée, Céline (Salette), Grégory (Gadebois), Clotilde (Hesme) et moi étions nommés aux César en même temps. Et depuis, il s’est passé des choses effectivement… c’est chouette, ce sont des acteurs que j’admire donc je suis ravi si on « grandit »
en même temps.

TM : Avez-vous pris autant de plaisir à jouer dans la saison 2 des Revenants ? Et comment Serge, votre personnage, évolue ?

GG : Oui j’ai pris beaucoup de plaisir ! Fabrice Gobert, le créateur de la série, est quelqu’un d’assez génial, l’écriture et la réalisation sont « viscérales » chez lui donc c’est passionnant d’être à ses côtés et mes partenaires sont incroyables, c’est magnifique ! Sans trop dévoiler l’histoire, on va sans doute mieux comprendre mon personnage, confronté à ses névroses avec le retour de son père Milan.

TM : Qu’est-ce qui vous a plu en lisant le scénario des Anarchistes d’Elie Wajeman ?

GG : J’avais participé à son premier film intitulé Alyah donc c’était une manière de poursuivre le travail avec lui. Ensuite, l’idée de  faire un film générationnel avec Swann Arlaud, Adèle Exarchopoulos, Tahar Rahim et Karim Leklou m’enchantait. On a tous le même âge et on se connaît dans la vie. De plus, cette époque est peu traitée : il parle de l’anarchie mais c’est aussi une fresque romantique et il n’y a pas beaucoup de jeunes metteurs en scène qui assument ça.

TM : Tourner avec Lambert Wilson dans Enragés ou Tahar Rahim dans Les Anarchistes pour ne citer qu’eux, constituent de belles rencontres, des expériences enrichissantes aussi ?

GG : J’ai autant appris des ados dans La Vie en grand qu’auprès de Lambert Wilson. Je suis curieux des gens et chaque rencontre est enrichissante. Il y a toujours un échange possible, expérience ou pas. J’adore regarder jouer Lambert Wilson, il est passionnant, attentif aux autres, curieux aussi… On a l’impression qu’il a envie d’apprendre tout le temps. Quant à Tahar Rahim, nous étions déjà amis dans la vie donc c’est différent mais j’étais heureux de travailler avec lui.

TM : Vous aimez le côté physique du jeu d’acteur, vous aide-t-il  à vous emparer d’un personnage ?

GG : Oui, c’est indissociable pour moi. J’ai besoin que ça  passe par le corps, de sentir le personnage physiquement avant de jouer. Savoir comment je bouge, de quelle manière je vais être habillé, les possibles contraintes vestimentaires ou autres… J’ai besoin que le ressenti soit physique non mental. Pourtant, on ne peut pas dire que je sois un grand sportif, je viens juste de m’inscrire dans une salle de sport parce qu’à 32 ans, il faut s’entretenir… mais je reste « physique ».

TM : Vous êtes natif de la région – du village de Cabriès plus exactement -, restez-vous attaché au territoire ?

GG : Oui ! Je retourne souvent à Marseille, toute ma famille est ici dans le quartier du Panier et ma mère est à Gardanne. À 20 ans, j’étais content d’en partir mais j’adore y revenir ! J’apprécie encore plus Marseille sans y vivre et, à chaque fois, je redécouvre un peu plus la ville. ça bouge beaucoup, c’est bien mais il faut espérer que la ville ne perde pas son identité. J’aime ce côté latin qui parle fort ! La ville est pleine de contrastes, les gens se mélangent, cela me plaît !

TM : Vous avez suivi une formation au Conservatoire de Marseille puis à l’école régionale d’acteurs de Cannes, quelle réputation avait votre formation dans le milieu du cinéma en arrivant à Paris ?

GG : L’école de Cannes (l’ERAC) est une école nationale publique donc assez reconnue, avec de grands metteurs en scène en intervenants et des aides à l’insertion dans des compagnies professionnelles. Mais elle est axée sur le théâtre et je ne pense pas que, dans le cinéma, elle soit très connue. J’avais déjà tourné avant ça donc je ne sais pas quelle réputation avait ma formation mais elle m’a permis de rencontrer du monde.

TM : Vous êtes un fonceur, quelqu’un qui « bouffe » la vie. Comment garder la patience quand on ne tourne pas et que l’on a tant à donner ?

GG : Mais j’aime bien ne rien faire aussi quant il le faut ! J’aime l’idée de faire des choses inutiles dans la vie… Quand je tourne, je suis à fond mais j’aime ce mode de vie pour également avoir du temps avec mes proches, sans avoir un « rendement » particulier. Ce métier rend patient et j’essaie de ne pas attendre mais de penser à mes projets et d’écrire. Ce qui doit se faire se fera et j’en profite pour me nourrir d’autres choses…

TM : Des projets de réalisation ?

GG : Oui, je travaille sur un projet de long métrage qui se passerait à Marseille justement.

TM : Votre dernière « claque » au cinéma ?

GG : J’ai beaucoup aimé le film Mustang de Deniz Gamze Ergüven. Il va d’ailleurs représenter la France aux Oscars.

TM : Vos lieux à Marseille ?

GG : Le Barjac place de Lenche, La Boîte à sardines aux Réformés, Le Lunch à Sormiou… J’aime aussi aller Chez Jeannot au Vallon des Auffes et sur la plage de l’Abricôtier.

 

• Les Anarchistes d’Elie Wajeman. En salle le 11 novembre
• Braqueurs de Julien Leclercq. En salle en janvier 2016

Sorties précédentes :
• La Vie en grand de Mathieu Vadepied (clôture de la semaine de la critique à Cannes)
• Les Rois du monde de Laurent Laffargue
• Enragés de Eric Hantez (présenté hors compétition au Festival de Cannes)