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Et soudain… Fanny Ardant

Il y a chez elle quelque chose d’irrésistiblement fascinant : cette voix reconnaissable entre toutes, ce sourire immense, et ce regard qui semble contenir des galaxies. Bientôt sur scène au théâtre des Bernardines, à Marseille, Fanny Ardant nous a fait l’honneur et l’immense plaisir de répondre à quelques-unes de nos questions sur l’amour, ce sujet infini qui résiste aux épreuves de la vie et qui inspire souvent le théâtre. Au printemps, elle sera seule sur scène pour sa nouvelle pièce La Blessure et la Soif, tirée de l’ouvrage de Laurence Plazenet et mise en scène par Catherine Schaub.

ToutMa : Comment en est-on venu à penser à vous pour jouer le rôle-titre (et unique) de la pièce ?
Fanny Ardant : Le livre de Laurence Plazenet m’avait passionnée. J’ai longtemps gardé dans mon cœur et dans ma tête deux des personnages de ce roman : Mme de Clermont et M. de La Tour. Alors j’ai demandé à Laurence Plazenet si elle pouvait en faire un texte pour le théâtre. Elle a dit oui et je me suis jetée dedans. Je savais que j’aimerais être Mme de Clermont tous les soirs et dire tout ce qu’elle dit.

TM : Un monologue comme celui-ci demande de l’endurance. Comment vous êtes-vous préparée à l’exercice avec la metteuse en scène Catherine Schaub ?
FA : Nous nous sommes lancées comme on entre dans la mer. Je l’écoutais, Catherine m’écoutait.

TM : Y a-t-il un moment du texte qui vous a particulièrement bouleversée ou mise à l’épreuve ? Comment l’avez-vous apprivoisé ?
FA : Oui. La dernière rencontre, l’adieu à M. de La Tour et sa mort. Je ne l’ai pas apprivoisé.

TM : La pièce baigne dans une quête d’absolu, entre la passion humaine et la foi spirituelle : ce texte vous a-t-il obligée à reconsidérer votre rapport au sacré ?
FA : Jouer le rôle de Mme de Clermont a conforté mon âme à croire en une mystique et à ne pas suivre les ordres et les règles d’une église.

TM : Lors de chaque représentation, le public est invité à questionner son propre rapport au désir. Et vous, que garderez-vous de ce rôle ? En quoi vous a-t-il nourrie ?
FA : J’ai toujours pensé que la grande histoire de la vie, c’était l’Amour ou… la Révolution pure et dure. J’aime Mme de Clermont pour sa vitalité, pour sa liberté, pour son endurance, pour sa détermination, pour sa passion de vivre selon ses codes.

TM : Pensez-vous que le théâtre puisse réparer quelque chose (chez vous, chez les autres) ?
FA : Le théâtre comme le cinéma, la littérature, la poésie, la peinture, la musique sont une lumière dans le noir. Je ne sais pas si cela répare mais cela illumine pour un temps et c’est comme un signal qui vous dit que l’on n’est pas tout seul.

TM : « On ne peut aimer qu’une fois. » Êtes-vous d’accord avec cette affirmation ?
FA : Oui.

TM : Et vous, pourriez-vous « mourir d’aimer » comme le chantait Charles Aznavour ?
FA : Je crois à cette expression « La mort dans l’âme ». L’Amour est perdu, on continue mais la flamme s’est éteinte.

Du mardi 10 au samedi 28 mars 2026
THÉÂTRE DES BERNARDINES, 17 boulevard Garibaldi, Marseille 1er
www.lestheatres.net

Photo en Une : © Emilie Brouchon