Marseille
10 Mar, Tuesday
14° C
TOP

Ariane Ascaride, Touchée par les fées du 31 mars au 11 avril

À Marseille, il suffit de prononcer son nom pour que les visages s’éclairent. Ariane Ascaride est de ces artistes dont la célébrité et la silhouette appartiennent au paysage sensible d’une ville. Ce printemps, c’est au Théâtre des Bernardines qu’elle donne rendez-vous au public, du 31 mars au 11 avril, avec le dernier volet de Touchée par les fées. Un passage de témoin intime…

Écrit à quatre mains avec Marie Desplechin et mis en scène par le chorégraphe Thierry Thieû Niang, le spectacle est une échappée autobiographique, un livre de souvenirs qui se déploie sur scène. Ascaride y convoque ses aïeux, ces « héros du quotidien » venus du monde des invisibles, figures familiales qui ont traversé des vies modestes et extraordinaires. Elle leur redonne chair une dernière fois avant de les laisser s’envoler « au pays imaginaire ». Chez elle, l’héritage n’est ni lisse ni idéalisé : il est fait de pépites d’or et de bouts de charbon, de rires et de rudesse, à l’image des quartiers populaires où elle a grandi. Car le théâtre est son socle. Bien sûr, le grand public l’a découverte au cinéma, inoubliable muse du réalisateur Robert Guédiguian. Mais c’est sur les planches qu’elle se sent pleinement chez elle, là où l’art demeure à la fois populaire et exigeant. Dans Touchée par les fées, elle raconte une enfance vécue entre coulisses et tréteaux, façonnée par la certitude que jouer, c’est « faire l’ange ». La langue de Desplechin épouse son phrasé : burlesque et tragique s’y entremêlent, avec cet humour décapant capable de désamorcer toutes les douleurs. À ses côtés, Thierry Thieû Niang agit comme un « elfe bienveillant ». Ariane danse, virevolte, se fait tour à tour conteuse et personnage, tirant les fils d’un feuilleton foisonnant où apparaissent de nouveaux visages à chaque épisode. Quinze ans d’aventure partagée aboutissent aujourd’hui à ce dernier chapitre, récit autobiographique enrichi au fil des créations successives, chaque épisode venant faire mûrir cette fable intime sur l’enfance, la famille et le théâtre.

À 70 ans passés, Ariane Ascaride doute encore mais continue d’avancer, portée par l’amitié et la fidélité. À Marseille, elle revient comme on revient à la source. Touchée par les fées est une déclaration d’amour, un rappel vibrant qu’« un théâtre sans spectateur est une cathédrale morte ». Aux Bernardines, la cathédrale sera bien vivante. CGR

THEATRE DES BERNARDINES, 17 Bd Garibaldi, Marseille 1er
www.lestheatres.net